Quel statut?

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Où est-il, ce fameux statut particulier en éducation?

Le gouvernement Couillard semblait pourtant avoir saisi le message en promettant un tel statut à l'Outaouais.

Mais la chose n'est pas acquise à en juger par le cri du coeur lancé hier par le directeur du Cégep de l'Outaouais, Frédéric Poulin.

Au contraire, le gouvernement persiste à couper au cégep de l'Outaouais comme n'importe où ailleurs dans son réseau collégial.

Québec avait pourtant promis de tenir compte de la particularité frontalière de l'établissement.

On le sait, le Cégep de l'Outaouais fait face à une concurrence féroce de la part de La Cité pour ce qui est du recrutement de nouveaux étudiants.

L'enjeu est bien documenté grâce au travail de l'Alliance pour la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais (ACESO).

Il dépasse la simple concurrence entre deux établissements d'enseignement. En attirant des milliers d'étudiants québécois en Ontario, la Cité prive l'Outaouais d'un bassin important d'étudiants et de futurs travailleurs.

Le rapport Demers a d'ailleurs reconnu, en 2014, que cette compétition extraprovinciale n'a de comparable nulle part ailleurs au Québec...

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Le gouvernement libéral semblait donc avoir reconnu cette réalité en octroyant un statut particulier en éducation à l'Outaouais. Et voilà qu'hier, le directeur du cégep remonte à la tribune pour plaider une cause qu'on croyait entendue.

Je comprends qu'il faudra un certain temps à Québec pour doter le Cégep de l'Outaouais de nouveaux programmes de formation destinée à mieux concurrencer l'Ontario. Ces choses-là prennent du temps et coûtent cher.

Mais en attendant, il y a urgence d'agir pour préserver les précieux acquis du Cégep de l'Outaouais. Après cinq années de compressions, le cégep en sera bientôt réduit à sabrer dans les salles de classe pour équilibrer son budget. Du coup, c'est toute sa capacité à convaincre les étudiants de l'Outaouais de rester au Québec qui est mise en péril.

Le cégep joue un jeu à double tranchant en sortant ainsi sur la place publique. Il n'a pas intérêt à dévoiler ainsi ses difficultés au moment où il a besoin de tous ses atouts pour faire face à la concurrence de La Cité.

Mais il n'a guère le choix.

En raison de son financement par étudiant, le seul cégep francophone de l'Outaouais est grandement affecté lorsque des jeunes traversent la rivière pour étudier. Le cégep ne peut se permettre de s'engager dans une spirale descendante qui aurait des conséquences non seulement pour lui, mais pour le développement de toute la région.

Le message lancé hier par Frédéric Poulin est d'autant plus percutant qu'il était flanqué des syndicats, des cadres, des parents et des étudiants du cégep. Tous ont mis de côté leurs divergences pour parler d'une seule voix.

Sous un gouvernement différent, on aurait pu imaginer les députés libéraux de l'Outaouais venir s'asseoir aux côtés des gens du cégep pour défendre leur cause.

Mais il n'est pas d'usage pour un député de critiquer les décisions de son propre gouvernement.

J'espère quand même que le cri d'alarme du cégep sera relayé jusque dans les officines du gouvernement à Québec.

Il tient là une belle occasion de démontrer que le statut particulier en éducation n'est pas qu'une coquille vide.

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