Curieux royaume des animaux

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Curieuse histoire que ce «sauvetage» inusité d'une vingtaine de chiens dans un monastère bouddhiste de... Val-des-Monts.

L'affaire nous apprend au passage qu'un lieu de prière bouddhiste se niche dans ce coin de pays. Le saviez-vous? L'endroit est de toute beauté avec ses monuments, sa cloche tibétaine et sa vue imprenable sur le lac McGregor.

Le domaine est magnifique, sauf pour ce qui est du chenil improvisé dans l'un des cinq édifices du site...

Encore hier, il régnait une puissante odeur d'urine et d'excréments dans la pièce sombre où le maître des lieux recueillait des chiens abandonnés.

Le propriétaire, qui est d'origine vietnamienne, n'héberge pas que des chiens. L'endroit compte également une basse-cour où se pavanent paons, cygnes noirs, canards sauvages, perroquets, poules et coqs...

«Le maître aime les animaux», nous a confié un bénévole chargé de l'entretien du monastère qui sert périodiquement de lieu de rassemblement à la communauté bouddhiste.

En fait, le «maître» aime tellement les animaux que les gens de la SPCA en ont trouvé partout sur le domaine hier matin, y compris à des endroits insoupçonnables - dixit un témoin de l'opération.

Interrogé sur la propension de son maître à recueillir des bêtes dans un lieu si peu approprié, le bénévole a soupiré.

Dans un français quelque peu hésitant, il nous a signifié que le «maître» avait sans doute oublié qu'il n'était plus au Vietnam...

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On s'entend, héberger des animaux abandonnés au rez-de-chaussée de ce qui ressemble à un immeuble à logements n'est pas l'idée du siècle.

N'empêche, la SPCA a raison de désapprouver l'initiative des citoyens qui ont décidé d'aller recueillir les bêtes au lieu de s'en remettre aux autorités compétentes.

Même si l'opération de sauvetage partait d'une bonne intention, se substituer ainsi aux autorités n'est pas chose acceptable dans un État de droit.

On parle de gens qui s'introduisent sur une propriété privée et repartent avec les chiens en l'absence du propriétaire.

Toute l'affaire flirte dangereusement avec l'illégalité et en certaines circonstances, on pourrait même parler de vol.

Dans ce cas-ci, la situation n'est pas claire puisque le bénévole aurait permis aux citoyens de repartir avec les chiens.

Même si l'opération de sauvetage improvisée n'avait pas sa raison d'être, on se demande pourquoi la SPCA de l'Outaouais a tardé à réagir après avoir inspecté les lieux, mercredi dernier.

Jugeant que les chiens n'étaient pas maltraités, la SPCA n'a pas jugé nécessaire d'intervenir pour saisir les animaux.

Mais à l'heure où Québec s'apprête à légiférer pour améliorer le sort des animaux dans la province, la SPCA ne pouvait se permettre de laisser des animaux dans un environnement d'une saleté aussi repoussante.

En laissant les choses en l'état, elle courrait le risque que les citoyens ne fassent plus confiance aux autorités dites compétentes, et décident d'agir selon leurs propres règles avec tout ce que ça implique comme dérapage potentiel.

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