L'indécision a un prix

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La Ville de Gatineau sort encore un peu plus amochée de ce nouvel épisode de la saga Guertin...

En refusant de bâtir un centre multifonctionnel de 75 millions pour remplacer le «Vieux-Bob», le conseil municipal de Gatineau s'évite une dépense salée dans l'immédiat.

Mais dans les faits, tous les problèmes que l'arrivée de ce nouveau bâtiment «signature» devait régler au centre-ville demeurent entiers.

C'est peut-être le plus décourageant de toute l'affaire. Voilà déjà deux maires et trois conseils municipaux qui se cassent les dents sur l'énigme Guertin depuis 2005. Et rien n'est encore réglé...

Ainsi, les Olympiques de Gatineau n'ont toujours pas d'aréna moderne où patiner après la saison 2017-2018. Le risque de les voir déménager, après avoir remporté de nombreux championnats - dont la Coupe Mémorial - au «Vieux-Bob», est plus présent que jamais.

Pire, Gatineau risque de perdre la subvention de 26,5 millions de Québec rattachée à son projet de centre multifonctionnel maintenant que le projet est mort et enterré.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin propose de transférer l'argent promis à la réfection des arénas de quartier, mais jamais Québec n'acceptera pareille proposition. Et ça, le maire Maxime Pedneaud-Jobin le sait très bien. Sa proposition de transférer l'argent ressemble à une manoeuvre politique pour faire porter l'odieux au gouvernement libéral.

Tant qu'à tourner le fer dans la plaie, ajoutons que Gatineau a dépensé en pure perte 7 millions jusqu'ici dans la conception d'un centre multi qui ne verra jamais le jour...

Au passage, la crédibilité de la Ville de Gatineau auprès des entrepreneurs en construction en a pris pour son rhume après le rejet de deux appels d'offres et un transfert de dossiers à l'UPAQ.

Quant au problème de la relance du centre-ville, il demeure entier. Quel grand projet public servira désormais de bougie d'allumage à la revitalisation?

L'indécision a un prix, concluait le vérificateur général de Gatineau, Alain Girard, en 2011.

C'était plus évident que jamais mardi.

En même temps, il était devenu évident que le centre multifonctionnel coûtait trop cher à 75 millions.

Les Olympiques de Gatineau sont les seuls à avoir manifesté un besoin pour un nouvel aréna de 4000 à 5000 places.

Pour que Gatineau finance la construction du nouvel amphithéâtre, il aurait fallu que l'édifice puisse se rentabiliser grâce à la présentation de spectacles et d'événements de grande envergure.

Or l'aspect «événementiel» a toujours été le maillon faible du projet.

Et il l'est devenu encore plus à la lueur des récentes négociations entre la Ville de Gatineau et le géant américain du divertissement, AEG.

L'entreprise internationale s'est montrée intéressée à prendre en charge le volet événementiel du futur centre multi - à condition que Gatineau assume tous les risques.

L'attitude prudente d'AEG en dit long. Ça laisse entendre que l'entreprise croyait plus ou moins au potentiel d'une nouvelle salle de spectacle de 4000 sièges à Gatineau.

Et maintenant?

À partir du moment où la construction d'un nouvel aréna sert presque exclusivement les Olympiques de Gatineau, la Ville de Gatineau n'a plus d'affaire là-dedans.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin propose d'ailleurs de remettre entre les mains de l'entreprise privée le soin de construire un nouvel aréna pour accueillir les Olympiques de Gatineau.

Le modèle où les villes assument presque tous les coûts d'un amphithéâtre et prennent tous les risques, est révolu aux yeux de M. Pedneaud-Jobin. Là-dessus, il trouvera sans doute une large part d'appuis au sein de la population.

Le maire prône plutôt un partenariat de type Branchaud-Brière pour garder les Olympiques à Gatineau. Il reste à voir s'il est possible de développer un modèle d'affaires rentable. Le cadre légal permettant aux villes de négocier avec le privé est plutôt restreint au Québec.

L'approche du maire comporte sans doute une certaine part de bluff. Les Olympiques de Gatineau pourraient très bien se braquer et déménager sous d'autres cieux. Mais je doute que la Ligue de hockey junior majeur du Québec lâche le marché de Gatineau.

Le maire Pedneaud-Jobin a déjà tenté l'approche du «partage du risque» lorsqu'il a négocié le bail temporaire des Olympiques de Gatineau. Il avait obtenu gain de cause malgré les hauts cris des dirigeants du club...

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