Un problème de société

L'ajout de la nouvelle école sur le terrain... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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L'ajout de la nouvelle école sur le terrain du parc Clétrem ramènera à distance de marche 660 élèves transportés actuellement par autobus vers trois écoles primaires.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Ce n'est pas un bar de danseuses nues ou un dépotoir qu'on veut bâtir au parc Clétrem, à Aylmer, mais une école primaire.

Une école!

À entendre les voisins, c'est comme si l'arrivée d'écoliers ruinera à tout jamais leur qualité de vie. Parce que c'est bruyant, des écoliers. Ça court partout. Et puis il y a toute cette circulation qui viendra avec. Il faudra détruire le parc, couper des arbres... Non mais, vous imaginez les répercussions environnementales?

Misère.

Quand on est rendu à parler des enfants comme d'une nuisance publique, à s'en plaindre comme on se plaindrait de la thermopompe trop bruyante du voisin, on a un sacré problème de société.

Ça me rappelle, il y a quelques années, le voisinage s'était ligué contre la construction d'une résidence pour personnes âgées sur le boulevard Saint-Raymond. Parce que les gens âgés aussi, quelle nuisance! C'est bruyant, ça court partout...

Comment peut-on être contre l'ajout d'une école primaire dans son quartier? Ça me dépasse. Tous les parents rêvent d'habiter à distance de marche d'une école primaire. À moins que ce soit ça? Ces voisins réfractaires n'ont pas de jeunes enfants?

***

Dans tous les cas, on est ici devant une réaction épidermique du type «pas dans ma cour».

Ici, elle se cache derrière un prétendu mouvement pour «sauver» le parc Clétrem d'une coupe à blanc...

Outre le fait que la Commission scolaire des Portages-de-l'Outaouais (CSPO) n'a pas l'intention de raser les arbres du parc, les arguments environnementaux invoqués par les opposants ne tiennent pas la route.

L'ajout de la nouvelle école ramènera à distance de marche 660 élèves transportés actuellement par autobus vers trois écoles primaires. Le gain environnemental, il est là.

Quant au choix du terrain retenu, il n'y a rien à redire. Il est en plein coeur du quartier, à distance de marche de tous les élèves. De toute manière, il n'y avait pas d'autres options.

Le terrain sur la rue des Thuyas est traversé par un ruisseau, ce qui rendait quasi impossible une construction à cet endroit.

Quant à bâtir l'école dans la forêt Boucher, une zone verte protégée, c'est une option qui se serait butée à d'insurmontables obstacles politiques.

***

N'empêche, je comprends la frustration du voisinage.

Du jour au lendemain, ils apprennent qu'une nouvelle école poussera dans leur cour arrière puisque les négociations pour l'acquisition du terrain se sont faites dans le secret.

Alors oui, ça cause un choc. Ils ont le sentiment d'être placés devant un fait accompli par la CSPO. Ils reprochent à la Ville de Gatineau d'avoir négligé de les consulter. Avec raison.

En fait, ils sont victimes du même processus broche à foin qui précède la construction de toute nouvelle école à Gatineau. Choisir l'emplacement idéal est presque toujours un aria. Ça se fait dans l'improvisation, à la dernière minute, alors qu'il n'y aucune raison qu'il en soit ainsi.

Car enfin, comment se fait-il qu'on ne soit pas encore capable, en 2015, de prévoir qu'un nouveau quartier destiné à de jeunes familles nécessitera fatalement la construction de nouvelles écoles? C'est l'évidence!

Comment se fait-il que la Ville de Gatineau et le ministère de l'Éducation ne se concertent pas davantage pour mieux planifier l'arrivée des nouvelles écoles?

Il y a toutes sortes de - mauvaises - raisons administratives pour expliquer cela.

La vérité, c'est que la Ville de Gatineau et les commissions scolaires ont en main toutes les données démographiques et autres pour planifier les besoins scolaires des nouveaux quartiers.

Alors qu'elles le fassent!

À Ottawa, la planification des nouvelles écoles se fait longtemps à l'avance. Les conseils scolaires ontariens ont la possibilité de réserver des terrains pour leurs futures écoles dans les plans de développement communautaire des nouveaux quartiers.

Cette façon de procéder fait l'affaire de tout le monde. Y compris des promoteurs, qui perçoivent comme un argument de vente supplémentaire la présence d'une école primaire dans leur projet résidentiel.

Qu'est-ce qu'on attend pour faire la même chose à Gatineau?

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