La dilution nationale

Je ne peux pas croire qu'on en soit rendu là. Par souci d'économie, voilà qu'on... (Archives, La Presse)

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Je ne peux pas croire qu'on en soit rendu là. Par souci d'économie, voilà qu'on diluerait avec de l'eau les jus offerts aux résidents des CHSLD de Gatineau...

Si cette histoire est vraie, le plus révoltant n'est pas tant qu'on allonge du jus d'orange pour faire des économies de bout de chandelle.

C'est qu'on tenterait d'en passer une autre petite vite sur le dos des résidents, comme on a tenté de le faire en haussant les tarifs d'hébergement au-delà de l'inflation.

Vraie ou pas, l'histoire du jus dilué m'apparaît comme une métaphore de l'austérité. Ces compressions orchestrées par le gouvernement Couillard en santé et en éducation ressemblent à une grande dilution nationale.

Écoutez-les nous dire qu'en coupant ici ou là, ça ne paraîtra pas tant que ça. On nous assure que les patients dans les hôpitaux n'y verront que du feu, tout comme les élèves dans les écoles. Difficile à croire. À force de diluer le jus d'orange, il perd toute saveur...

La semaine dernière, le pdg du CISSSO, Jean Hébert, a affirmé qu'il couperait 20 millions dans les établissements de santé en évitant si possible de toucher aux soins aux patients.

La section locale de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec a fait écho à ces propos mercredi. Pour dire qu'à force de s'additionner, les compressions finiront - oh surprise! - par avoir un impact sur la qualité des soins.

Oui, nous dit le syndicat, les infirmières scolaires continueront d'oeuvrer dans les écoles. Mais à force de compressions, les infirmières restantes se contentent de vacciner les élèves. Adieu la prévention et l'éducation.

Oui, au Foyer du Bonheur, on continue de prodiguer des soins aux mourants. Mais terminées les chambres simples en soins palliatifs. Les résidents mourront séparés de leur cochambreur par un rideau. Ici, on sacrifie l'intimité à l'austérité...

En raison de la complexité du système de santé, il est difficile de se faire une idée juste des conséquences des compressions. On n'a guère le choix de s'en remettre aux gestionnaires en espérant qu'ils savent ce qu'ils font.

Mais il devient évident que les coupures en santé, en éducation et ailleurs finissent par se recouper et par avoir des conséquences majeures.

À la Commission scolaire des Draveurs, on a sabré dans l'adaptation scolaire puis dans l'éducation spécialisée à la maternelle. Or les pédopsychiatres et les infirmières de Pierre-Janet comptaient sur les observations des éducatrices spécialisées pour poser des diagnostics éclairés sur les enfants en difficulté d'apprentissage.

Avec les compressions dans les écoles, les experts de Pierre-Janet devront mettre les bouchées doubles pour évaluer eux-mêmes les élèves, racontait mercredi Lucille Ouellet, infirmière depuis 15 ans à Pierre-Janet.

Et ça, c'est autrement plus inquiétant pour l'avenir que du jus dilué dans les CHSLD.

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