Où sont les libéraux ?

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Mais où sont donc les députés libéraux de l'Outaouais lorsqu'il s'agit d'expliquer et de défendre les compressions imposées par leur gouvernement en santé?

Je relisais hier les engagements pris par les candidats libéraux de l'Outaouais lors de la dernière campagne électorale. Nulle part il n'est fait mention d'une nécessaire job de bras dans le réseau de la santé.

Au contraire, les candidats libéraux tentaient d'insuffler un peu d'espoir à un électorat désabusé face aux temps d'attente dans les urgences et au manque de médecins de famille.

On promettait l'ouverture d'une superclinique ouverte 24 heures sur 24 à Gatineau, de même qu'une faculté de médecine à temps pour 2016. Imaginez : 2016! C'est l'an prochain ça.

Aujourd'hui, on ne parle presque plus de la future faculté de médecine. Le ministre Gaétan Barrette prend toute la place, lui qui a entrepris de passer le réseau de la santé au tordeur avec ses projets de loi 10 et 20.

En Outaouais, où l'accès aux services de santé est déjà difficile, on redoute avec raison les effets de cette réforme sur la qualité des soins. Et la réaction outragée des syndicats n'est guère rassurante.

Mais voilà, nos députés qui étaient en première ligne pour faire de belles promesses en campagne électorale sont désormais cruellement absents lorsqu'il s'agit d'aller au bâton pour défendre leurs compressions en santé.

La ministre régionale Stéphanie Vallée ne se fait pas prier pour aller annoncer le nouveau garage de la STO ou des investissements dans le réseau routier.

Mais je ne l'ai pas beaucoup entendue défendre les décisions de son gouvernement en matière de santé et d'éducation. LeDroit l'a invitée plusieurs fois à venir s'expliquer en rencontre éditoriale, mais elle n'a pas donné suite à nos demandes.

Encore hier, ce n'est pas la ministre régionale qui était sur la tribune pour annoncer une autre vague de compressions au CSSS de Gatineau. C'est plutôt un haut fonctionnaire qui est venu annoncer les abolitions de postes.

À titre de fondé de pouvoir, Jean Hébert est payé 240000 $ par année pour faire la job de bras au CSSS de Gatineau et mettre fin à l'ère des « déficits chroniques » dénoncés par le ministre Gaétan Barrette. C'est tout naturel que M. Hébert rende compte de ses travaux aux médias locaux. Ce qu'il fait d'ailleurs régulièrement et d'assez bonne grâce.

Sauf que M. Hébert est là pour accomplir un mandat bien précis qui lui est dicté par le ministère. Ce n'est pas à lui, mais à la ministre Vallée de nous dire si elle juge que l'Outaouais reçoit toujours sa juste part en terme de financement des soins de santé par rapport aux autres régions du Québec.

Après tout, les libéraux veulent sabrer 20 millions dans un réseau qu'ils ont jugé assez vulnérable, par le passé, pour lui conférer un statut particulier à hauteur... de 20 millions par année.

•••

Pour l'instant, il est difficile de se faire une idée sur les impacts à long terme de cette réforme des soins de santé en Outaouais.

On nous annonçait hier la suppression nette de 60 à 80 postes au CSSS de Gatineau. Ce n'est qu'un début. D'autres vagues de coupures suivront dans les trois autres CSSS déficitaires de l'Outaouais.

M. Hébert nous disait hier qu'il essaierait de rétablir l'équilibre budgétaire sans toucher aux services aux patients. Comment? En améliorant les pratiques médicales, en hissant la performance des hôpitaux de l'Outaouais au rang des meilleurs établissements.

M. Hébert lui-même a évoqué la nécessité d'avoir la foi dans cet exercice « nécessaire » à ses yeux pour éliminer les déficits chroniques.

On veut bien avoir la foi, mais il est difficile de croire que couper des postes de préposés aux bénéficiaires dans les CHSLD est possible sans toucher aux services aux patients.

Les syndicats prédisent déjà l'enfer si les compressions vont de l'avant. « Les soins, y en aura pas. Vous allez être hospitalisé et on va vous laver le visage et les fesses. C'est tout, ça va être ça les soins », prédit Josée McMillan, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la santé de Gatineau.

Difficile d'avoir l'heure juste dans ce climat d'affrontement patronal-syndical, avec en prime des députés qui se font avares d'explications.

Partager

À lire aussi

  • Des soins « déshumanisés »

    Santé

    Des soins « déshumanisés »

    Les soins seront « déshumanisés » et le climat de travail s'annonce « exécrable », dénoncent les syndiqués de l'ancien Centre de santé et de services... »

  • Compressions de 19,5M$ et postes abolis à l'ancien CSSSG

    Santé

    Compressions de 19,5M$ et postes abolis à l'ancien CSSSG

    De 125 à 150 postes seront abolis dans le cadre des compressions de l'ordre de 19,5 millions$ nécessaires pour équilibrer le budget de l'ancien... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer