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La relance du train touristique sur un trajet relativement court entre Montebello et Plaisance serait un succès assuré - si la joute politique ne venait pas brouiller les cartes.

D'un point de vue strictement touristique, le nouveau trajet favorisé par la Compagnie de chemin de fer de l'Outaouais (CCFO) pour remettre le petit train sur les rails réunit les conditions gagnantes.

La CCFO propose de faire partir le train de Montebello en direction de Plaisance. Le trajet est d'une durée raisonnable de 90 minutes. Après un arrêt de quelques heures aux chutes de Plaisance, le train ramènerait les touristes au bercail à Montebello.

On a déjà plein d'idées pour divertir les passagers durant le trajet. Des trains ayant pour thème la gastronomie ou le vélo par exemple. On parle aussi de faire un arrêt à l'usine de Thurso. L'occasion serait belle de faire connaître aux touristes - et même de leur faire sentir! - l'histoire régionale liée aux pâtes et papier.

Mais l'argument déterminant en faveur du trajet Montebello et Plaisance, c'est que le petit train viendrait bonifier une offre touristique déjà florissante dans ce beau coin de la Petite-Nation.

La clientèle potentielle est déjà sur place. Plus de 200000 touristes visitent chaque année le Parc Oméga et les environs de Montebello, dont 35000 touristes étrangers.

Ce serait une affaire de rien que d'ajouter une excursion en train à vapeur aux forfaits touristiques en vigueur.

Autre élément intéressant: un entrepreneur privé de la Petite-Nation se serait montré ouvert à investir de sa propre poche dans ce projet évalué à 8 millions.

Voilà donc un plan d'affaires impeccable en apparence.

Alors, où est le problème?

***

Le problème, c'est qu'un tel projet est difficile à vendre politiquement.

L'ancien train touristique pouvait se targuer d'avoir une dimension régionale puisqu'il reliait les secteurs de Gatineau, Chelsea et Wakefield. Avec la nouvelle proposition, le petit train perd cet aspect. Il deviendrait essentiellement l'affaire de la Petite-Nation, ce qui pourrait jouer contre lui.

Quand on sait les millions que la Ville de Gatineau a investis dans la relance du train à vapeur, je la vois mal accepter qu'un projet d'une telle envergure lui glisse ainsi entre les doigts. Pas pour rien que des pressions se font fortes pour faire partir le train de Masson-Angers plutôt que de Montebello.

Même du côté de la MRC Papineau, la préfète Paulette Lalande milite en faveur d'un départ de Masson-Angers. Elle a très bien compris qu'il fallait absolument que le projet garde sa dimension régionale pour obtenir un maximum de fonds public.

C'est que la relance du train touristique nécessitera d'importants investissements afin de construire de nouvelles infrastructures à Montebello et Plaisance. L'ennui, c'est que les principales sources de fonds publics disponibles actuellement dorment dans des cagnottes... régionales.

Il reste presque quatre millions dans les coffres de la défunte Société de diversification économique de l'Outaouais (SDEO). Le démantèlement de la Conférence régionale des élus de l'Outaouais devrait libérer un peu plus d'un million de dollars.

Pour avoir accès à ces fonds, les promoteurs du train devront démontrer que leur projet profite à tout l'Outaouais. Ce qui sera difficile à faire si le train ne sort jamais de la Petite-Nation.

***

Personnellement, j'ai de la misère à croire qu'un départ de Masson-Angers vers Montebello puisse être viable.

Masson-Angers est trop éloigné des pôles touristiques de Gatineau et Montebello pour devenir une destination prisée.

Et puis, comme la vitesse du train est limitée à 15 milles à l'heure en raison de la vétusté de la locomotive et des rails, les touristes en auraient pour des heures à faire l'aller-retour.

Maintenant, est-ce qu'on pourrait faire partir à la fois des trains de Masson-Angers... et de Montebello? Voilà qui réconcilierait les parties, à condition que la proposition soit viable économiquement.

Dans tous les cas, le fardeau de la preuve repose maintenant sur le comité de Paulette Lalande.

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