Vie de château à Montebello

De riches boiseries en chêne ornent la demeure.... (Courtoisie Exit La Petite Nation)

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De riches boiseries en chêne ornent la demeure.

Courtoisie Exit La Petite Nation

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Croyez-le ou non, la réplique d'un authentique château européen vandalisé par les nazis se cache derrière les frondaisons de la côte Angèle, à Montebello, tout près du parc Oméga.

Même si le château est là depuis 1947, son existence est largement méconnue du grand public. Un mystère qui tient à la discrétion des propriétaires successifs et au fait que le domaine est bien dissimulé, invisible du grand chemin.

L'existence de ce luxueux château à l'européenne serait encore le secret le mieux gardé de l'Outaouais, si ce n'est qu'il vient tout juste d'être mis en vente.

Son propriétaire actuel, un haut dirigeant de la chaîne au détail Dollarama, veut s'en départir. Il demande la modique somme de 2,5 millions$. Électroménagers compris, précise la petite annonce du courtier...

«Un deal», m'a assuré le courtier Robert Lacasse d'Exit La Petite Nation.

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J'étais donc parti pour chroniquer sur la vie de château en Outaouais avant de découvrir qu'il se cachait une tragique et fascinante histoire derrière ce somptueux palais.

C'est une riche famille belge qui s'est établie à cet endroit en 1947. Félix et May Notebaert fuyaient l'Europe en guerre et rêvaient de s'installer au Canada.

Le couple a fait l'acquisition du domaine, tout près de Montebello. Ils y ont fait bâtir un édifice sur le même modèle que leur château saccagé par les Allemands en Belgique.

Le couple s'est établi sur le domaine en prêtant un serment: celui d'y faire construire une chapelle si jamais leurs deux fils, enrôlés dans l'armée pour combattre le nazisme, revenaient vivants de la Seconde Guerre mondiale.

Quand les deux hommes sont revenus sains et saufs de la guerre, le couple Notebaert a tenu parole. Il a fait ériger une petite chapelle derrière le château. Le bâtiment est une réplique de la chapelle de Notre-Dame-du-Moulineau de la région de Ghlin, en Belgique.

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Donc j'ai visité le château hier. Et alors?

C'est magnifique. De riches boiseries en chêne partout, un escalier monumental, un hall avec un plancher en marbre, une bibliothèque fermée avec des grilles de fer forgé. Et des foyers importés d'Europe par le couple Notebaert, dont un qui date du xviesiècle...

Mais comme chaque fois que je contemple la démesure, c'est le vide qui me saute aux yeux. L'actuel propriétaire utilisait cette immense propriété qui compte 21 pièces et huit chambres à coucher comme... résidence secondaire. Juste la salle à manger, j'en aurais assez pour vivre.

Non, moi, c'est la petite chapelle qui m'a séduit. Sur le pas de la porte, il y avait une légion de coccinelles mortes. Il régnait à l'intérieur un silence de mort. Les vitraux filtraient la lumière naturelle en provenance de la forêt environnante. Le couple Notebaert est enterré juste là, sous le plancher devant l'autel.

Une plaque à l'arrière rappelle que la chapelle a été bénite en 1952 par l'archevêque d'Ottawa, Alexandre Vachon. L'inscription inclut un petit mot, de toute évidence composé par l'épouse Notebaert.

«Cette chapelle représente l'humble expression de profonde gratitude et d'affectueuse reconnaissance d'une mère au Sacré-Coeur de Jésus à la Vierge Marie et à tous les saints qu'elle a tant priés pour la protection de ses fils.»

Alors j'ai senti ma gorge se serrer. Je venais d'avoir un flash, j'ai vu May Notebaert en pleurs, embrassant ses fils Charles et Edmond de retour de la guerre.

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