Gatineau doit pédaler

Pour augmenter la part modale du vélo, il... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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Pour augmenter la part modale du vélo, il faudra construire plus de pistes sécuritaires, balisées, en ligne droite.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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De la part d'un maire qui avait promis de redonner à Gatineau son titre de capitale du vélo, je m'attendais à un plan solide et cohérent pour y parvenir.

Déception: le document présenté hier aux membres du conseil municipal tient plus du tricycle à pédales que du vélo dernier cri en alliage de carbone...

Pour mériter le titre de capitale de quelque chose, il faut un plan clair et cohérent, des études solides pour tracer le chemin à suivre et, surtout, des moyens financiers à la hauteur des ambitions.

Or il manque cruellement de tout cela dans le document présenté au conseil municipal.

C'est comme si on avait recensé tout ce qui se fait en matière de vélo à Gatineau. Puis qu'on avait casé le tout dans un document au titre ronflant: Gatineau, capitale du vélo. La vérité, c'est qu'il n'y a rien là-dedans pour élever Gatineau au statut de capitale de quoi que ce soit.

D'ailleurs, en partant, il faudrait s'entendre sur ce que ça veut dire devenir la capitale du vélo. On veut battre qui au fil d'arrivée? Ottawa? Montréal? Copenhague? C'est quoi la part modale de déplacements en vélo qu'on veut atteindre et quand? Le projet est emballant, mais pour convaincre la population d'embarquer, il faut lui dire vers quoi on pédale.

Autre chose: Gatineau ne convaincra pas grand monde de son sérieux si elle dit une chose et fait son contraire. Dans ce document, on apprend que Gatineau compte favoriser la construction de pistes cyclables utilitaires. C'est une excellente idée en soi. Des gens qui se rendent au boulot en vélo, ça réduit la pollution, la congestion routière, l'usure des routes. Et c'est bon pour la santé.

Sauf que...

Dans le même document, on apprend que Gatineau investira 2 des 3,4 millions disponibles dans une piste touristique, à l'autre bout de la ville, entre Masson-Angers et Buckingham. Quelle incohérence! Ce n'est pas demain matin qu'on verra des centaines de gens de Masson-Angers enfourcher leur vélo pour aller travailler au centre-ville d'Ottawa...

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Et puis, pourquoi faut-il qu'on se sente toujours obligé de tout reprendre à zéro? On parlait hier de consulter la population sur la couleur de la chaussée sur les pistes cyclables... Par pitié!

L'ex-maire Marc Bureau s'est payé une tournée à Amsterdam, Copenhague et Berlin, en 2010, pour importer à Gatineau les façons de faire des grandes villes du vélo. Il était accompagné d'une fonctionnaire. Alors quoi? Il ne reste plus rien des enseignements de ce voyage dans les archives de la Ville?

De toute manière, pas besoin d'aller très loin pour voir comment se développe un réseau cyclable utilitaire. Ottawa a très bien fait les choses sur la rue Laurier. C'est tout simple: un couloir dédié au vélo, protégé par des accotements de béton, avec de la peinture au sol aux intersections problématiques. Que la peinture soit bleue, verte ou rose, on s'en fout.

Je parlais d'appuyer un plan d'action par des études. Dans les grandes villes européennes du vélo, on commande des sondages pour connaître avec précision combien de gens se trouvent à distance cyclable de leur lieu de travail. Les administrations publiques se servent de ces données pour prioriser la construction de nouvelles pistes. Est-ce que Gatineau dispose de telles données? C'est pourtant indispensable pour cibler des actions efficaces.

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Je ne dis pas qu'il ne se fait rien pour le développement du vélo à Gatineau. Au contraire, on investit davantage dans le réseau utilitaire que sous le règne de Marc Bureau.

Mais pour prétendre au titre de capitale, il faudra plus. Plus d'argent. On n'en sort pas: pour augmenter la part modale du vélo, il faudra construire plus de pistes sécuritaires, balisées, en ligne droite. Et ça coûte cher.

Plus de cohérence aussi de la part du maire Maxime Pedneaud-Jobin qui doit convaincre un conseil municipal pas très provélo. Fallait entendre des conseillers rechigner hier à l'idée de dépenser 200000$ pour embaucher un coordonnateur vélo...

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