Le rideau se lève sur le procès Duffy

Mike Duffy a plaidé non coupable aux 31... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Mike Duffy a plaidé non coupable aux 31 accusations qui pèsent contre lui.

Étienne Ranger, LeDroit

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L'avocat de Mike Duffy a le sens du spectacle. Hier, Don Bayne a laissé tomber une grosse pile de courriels sur l'affaire Wright devant le juge Charles Vaillancourt.

Bang!

Dans la salle où une cinquantaine de journalistes et de membres du public suivaient sur écran géant cette première journée du «procès de la décennie» à Ottawa, plusieurs têtes se sont levées.

Satisfait de son effet de toge, Me Bayne a poursuivi. Ce volume de 562 pages, a-t-il expliqué, raconte la «conspiration» dont son client aurait été victime de la part de l'ex-chef de cabinet Nigel Wright, et d'un «petit groupe» de gens hauts placés au bureau du premier ministre Harper.

Dans leurs échanges de courriels, les conservateurs auraient parlé de M. Duffy comme de leur «agonie publique», de «leur supplice de la goutte chinoise» tellement les frasques médiatisées du sénateur-vedette mettaient à mal leur vernis d'intégrité.

Pendant près d'une heure trente, M. Bayne a dépeint son client comme étant victime des machinations d'un petit groupe d'apparatchiks conservateurs plus intéressés à sauver les apparences qu'à faire triompher la vérité.

La Couronne prétend que Mike Duffy a été «un partenaire au moins à parts égales sinon l'instigateur» de ce marché avec le bureau du premier ministre. Me Bayne prétend au contraire que les hautes instances du parti ont tout fait pour lui faire porter le chapeau afin de sauver les apparences.

La théorie du complot contre le sénateur véreux.

Les deux parties s'étaient campées sur ces positions depuis un petit bout de temps déjà. Tout l'intérêt de cette première journée du procès résidait dans le potentiel de nouvelles révélations croustillantes sur les dessous politiques du «Duffygate».

Là-dessus, on reste un peu sur notre faim.

Pas plus que ne le faisait le rapport de la GRC, Me Bayne n'a lié directement le premier ministre Stephen Harper au deal de Nigel Wright et de son petit groupe de supposés «comploteurs».

On se demandait si Mike Duffy, qui ne parle à personne depuis un an, allait sortir un lapin de son chapeau capable de mettre les conservateurs dans l'embarras à la veille des élections fédérales.

Mais hier, le sénateur déchu n'a prononcé que deux mots. «Non coupable» aux 31 accusations qui pèsent contre lui.

N'empêche, ce procès recèle suffisamment d'éléments pour pimenter le menu de la prochaine élection fédérale.

D'ailleurs, des représentants du NPD n'ont pas perdu de temps hier pour exploiter la situation à leur avantage. Ils distribuaient du camembert à l'extérieur du palais de justice d'Ottawa en référence aux goûts culinaires de la sénatrice conservatrice, Nancy Ruth, qui refuse de manger le repas gratuit fourni lors d'un vol en avion...

Quant aux dépenses inappropriées du sénateur Duffy, les premiers échanges entendus hier laissent deviner qu'on va rapidement s'embourber dans un débat technique.

Fait intéressant, la Couronne a laissé entendre que M. Duffy était probablement inéligible comme sénateur de l'Île-du-Prince-Édouard où il ne résidait que de manière sporadique.

Et que, donc, M. Harper aurait erré en le nommant à ce poste.

Mais les règles du Sénat semblent tout, sauf limpides, et laissent une grande place à l'interprétation. Je ne voudrais pas être à la place du juge qui devra démêler tout cela.

Le jour un du procès a donné lieu à quelques moments rigolos.

À la Couronne qui reprochait à M. Duffy toutes sortes de dépenses inappropriées, Me Bayne a répliqué coup pour coup, déclenchant quelquefois des rires parmi l'assistance.

Aux allégations voulant que M. Duffy s'était payé un entraîneur personnel aux frais des contribuables, Me Bayne a rétorqué que si ça avait été le cas, M. Duffy aurait été en droit de demander un remboursement. Le sénateur déchu n'arbore pas exactement la stature d'un athlète...

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