Le retour de l'Angélus

La nouvelle église Saint-Paul a une vocation multifonctionnelle.... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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La nouvelle église Saint-Paul a une vocation multifonctionnelle. Les bancs peuvent être retirés au besoin pour la tenue d'un spectacle.

Patrick Woodbury, LeDroit

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C'est, en quelque sorte, l'histoire d'une résurrection.

C'est, en quelque sorte, l'histoire d'une résurrection.

Depuis peu, l'Angélus a recommencé à retentir tous les midis à l'église Saint-Paul d'Aylmer. Les messes, les funérailles et les mariages ont aussi repris dans l'enceinte de l'ancienne église incendiée par une main criminelle en juin 2009.

Cette reconstruction est un petit miracle en soi. Parce qu'à un certain moment, on se demandait si on reverrait jamais un lieu de culte sur la rue du Couvent. Aux heures sombres, alors que le torchon brûlait entre la Ville de Gatineau et le conseil de fabrique, il a fallu jeter à terre presque tous les vestiges épargnés par l'incendie. Pendant qu'on discutait et qu'on tergiversait, les rigueurs de l'hiver avaient endommagé les ruines jusqu'à un point de non-retour.

Mais voilà, la paroisse a reconstruit. Avec l'aide d'entrepreneurs, d'architectes et d'artisans qui ont accepté d'y mettre chacun du leur. Si bien que l'argent obtenu des assurances après l'incendie - 2,6 millions - a suffi pour ériger un nouveau lieu de culte.

Les puristes se désoleront de la perte irréversible d'un pan de notre patrimoine. De l'ancienne église il ne reste plus que la façade de pierre. On a reconstruit la nouvelle quelques mètres derrière. Un édifice flambant neuf, moderne et lumineux, capable d'accueillir 279 fidèles. Le site est encore en chantier. La restauration de la façade, qui abritera un parc, sera complétée dans les prochains mois.

***

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De l'ancienne église Saint-Paul, il ne reste plus que la façade de pierre.

Patrick Woodbury, LeDroit

La lourde statue en métal de Saint-Paul a déjà retrouvé sa place dans l'entrée du nouvel édifice. L'architecte a conçu les plans de manière à ce que la statue soit alignée à la fois vers l'antique façade de pierre, et vers le nouveau choeur qui est orienté différemment de l'ancien.

Cette façon de positionner la statue de Saint-Paul, une des rares reliques ayant échappé à l'incendie, marque le lien entre le passé et le présent, explique la marguillière de la paroisse, Denise Chamberland.

Même si le regard de Saint-Paul est tourné vers l'ancienne façade, on sent que les paroissiens, eux, ont envie de regarder vers l'avenir. Les tiraillements des dernières années ont laissé des traces au sein de la petite communauté chrétienne. «Il est l'heure de tourner la page», a dit Mme Chamberland, peu encline à revenir sur le passé.

La toute première messe célébrée au sein de la nouvelle église a fait salle comble, dimanche dernier. Des paroissiens qu'on n'avait pas vus depuis l'incendie sont réapparus. «Il y a beaucoup d'allégresse qui accompagne la réouverture, raconte Mme Chamberland. Bien des gens avaient perdu espoir et pensaient qu'on ne reconstruirait jamais.»

Depuis la réouverture, les paroissiens se réapproprient tranquillement leur église. Pendant que Mme Chamberland me faisait le tour du propriétaire hier matin, plusieurs fidèles ont profité de ce que les portes étaient débarrées pour entrer et venir jeter un coup d'oeil.

«I like the cross», a dit une dame âgée en contemplant la croix installée au fond du choeur, à 42 pieds d'élévation. À ses côtés, Madeleine exprimait aussi son ravissement. De même qu'une certaine nostalgie pour l'ancienne église de pierre. «C'était un si bel endroit et il représentait tellement pour nous ! Plusieurs de mes enfants y ont été baptisés et on y a tenu les funérailles de mon mari.»

Contrairement à l'ancien bâtiment, la nouvelle église Saint-Paul a une vocation multifonctionnelle. Les bancs de l'église peuvent être retirés au besoin pour la tenue d'un spectacle. Un local est prévu pour installer des consoles de son. Au sous-sol, on a aménagé une salle avec cuisine capable de recevoir jusqu'à 200 personnes. En cas de baisse de la pratique religieuse, l'édifice pourrait donc aisément être converti à d'autres fins.

Mais on n'en est pas là, dit Mme Chamberland. L'immigration en provenance notamment d'Amérique du Sud a donné un second souffle à la ferveur religieuse dans la paroisse Saint-Paul. «Et on a plus de 200 bénévoles qui participent à nos activités.»

Alors que je discutais avec Mme Chamberland, des paroissiens curieux continuaient d'entrer et de sortir de l'église. Leurs sourires ravis en disaient long. «On a retrouvé notre chez-nous», a résumé Mme Chamberland en souriant à son tour.

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