Si j'habitais Istanbul

Les automobilistes d'Ottawa passeraient en moyenne 85 heures... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Les automobilistes d'Ottawa passeraient en moyenne 85 heures par année dans le trafic.

Étienne Ranger, LeDroit

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Et nous voilà repartis à pester contre le trafic à l'heure de pointe.

Ottawa figure au troisième rang des villes canadiennes pour ce qui est du pire trafic automobile au Canada, derrière Vancouver et Toronto.

À en croire ce sondage de la firme TomTom Traffic, la capitale fédérale vit des problèmes de congestion routière encore plus graves qu'à Montréal.

Les gens d'Ottawa passeraient en moyenne 85 heures par année coincés dans le trafic aux heures de pointe.

QUATRE-VINGT-CINQ HEURES!

Trois jours et demi par année passés dans l'habitacle de son char à se retenir de pitonner des textos. Quatre-vingt-cinq heures à se désennuyer en écoutant des tribunes téléphoniques ou le dernier succès de Yohan à la radio.

Des heures et des heures passées derrière le volant, à bougonner contre le trafic.

En oubliant, trop souvent, que le trafic, ce n'est pas seulement les autres, c'est aussi nous, en solo au volant de notre voiture.

Ceci dit, il y a de ces jours où on se félicite de ne pas habiter Istanbul.

Parce que la métropole turque figure au tout premier rang de ce déprimant palmarès.

Si j'habitais Istanbul, un trajet de 30 minutes vers le boulot me prendrait plus d'une heure et demie à compléter à l'heure de pointe du soir.

Quatre-vingt-dix minutes à résister à la tentation d'envoyer des textos et à écouter des tribunes téléphoniques animées par des Ron Fournier turcs.

Quoiqu'un Ron Fournier ottoman, ça pourrait être divertissant. Comment dit-on: «Salut, mon Ron» en turc?

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Blague à part, ce sondage a quelque chose d'un peu déprimant.

Il nous dit que la congestion routière s'aggrave au Canada, malgré les beaux discours pour freiner l'étalement urbain et favoriser le transport en commun.

Ottawa n'échappe pas à la tendance générale, quoique le phénomène de la congestion routière a une texture particulière dans notre région.

Les heures de pointe sont intenses, mais brèves dans Ottawa-Gatineau. Un phénomène qui s'explique du fait que des milliers de fonctionnaires se déplacent tous en même temps pour l'aller-retour au boulot.

Le phénomène est connu et des initiatives comme le Rapibus à Gatineau ou le O-Train à Ottawa visent justement à désengorger les routes au moment précis où la fonction publique fédérale est appelée à se déplacer.

N'empêche: comment se fait-il qu'on fasse encore si peu appel au télétravail dans une région comme la nôtre où les travailleurs sont en vaste majorité des employés de bureau?

À Gatineau, le conseiller de Buckingham, Martin Lajeunesse, a récemment proposé de s'inspirer d'une ville comme Amsterdam qui mise sur le télétravail pour minimiser les déplacements inutiles des travailleurs.

Avec les télécommunications modernes, il est de plus en plus facile de travailler de l'extérieur du bureau tout en maintenant un contact étroit avec ses patrons et ses collègues de travail.

Il y aurait même de l'argent à faire pour une ville comme Gatineau qui dispose de nombreux espaces vacants qu'elle pourrait louer au gouvernement fédéral.

Et puisqu'on parle d'Amsterdam, la capitale des Pays-Bas se démarque avantageusement dans le sondage de TomTom Traffic. Imaginez, les automobilistes néerlandais se retrouvent coincés dans le trafic «seulement» 60 heures par année...

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