Des enjeux triviaux

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Le café étudiant du campus Gabrielle-Roy était bondé, hier midi, pour débattre de la grève étudiante.

Martin Roy, LeDroit

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Quand j'étais au cégep, l'enjeu d'un vote de grève se résumait assez simplement pour la plupart d'entre nous: combien de journées de congé pouvait-on se voter sans ruiner notre session?

Au Cégep de l'Outaouais, l'association étudiante a tenté d'amener les étudiants à pousser plus loin leur réflexion à la veille des votes de grèves d'aujourd'hui et demain. Elle a créé un comité Neutralité 2015 pour les informer le plus objectivement possible et les inciter à voter en grand nombre.

«On trouvait que les gens n'étaient pas assez informés. La plupart disaient: je vais voter pour la grève parce que je vais avoir des vacances ou je vais voter contre parce que je ne veux pas que ma session soit annulée», explique Gabrielle Thiboutot, responsable du comité Neutralité 2015 au Cégep de l'Outaouais.

Deux votes de grève récents, à Jonquière et Lionel-Groulx, sont contestés ces jours-ci. Des associations étudiantes se font accuser d'avoir manoeuvré pour faire passer un vote de grève. Au Cégep de l'Outaouais, on cherche à éviter ce genre de quiproquo. L'association étudiante elle-même a convenu de rester neutre sur la question de la grève, tout en prenant position contre les mesures d'«austérité» du gouvernement Couillard.

«Nous autres, on essaie de faire en sorte que tout le monde aille voter, reprend Gabrielle. On a décidé de procéder par référendum. On a prévu deux jours pour voter, 12 heures au total. Donc il n'y a pas d'excuses pour ne pas aller voter. En plus, le vote est secret pour prévenir toute tentative d'influence. Et on demande une carte d'identité pour s'assurer que la personne étudie bien au cégep.»

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Contrairement à ce qui s'est produit au printemps érable, les étudiants ne se battent pas ici pour défendre leur portefeuille. Ils songent plutôt à joindre un mouvement plus vaste de protestation contre l'«austérité» budgétaire du gouvernement Couillard.

Aller en grève ou pas?

Le café étudiant du campus Gabrielle-Roy était bondé hier midi pour débattre de cette épineuse question. Comme au référendum de 1995, il s'est formé un comité du non et un comité du oui. Chacun milite de son côté pour faire triompher son point de vue.

Pascale Côté, étudiante en sciences humaines, fait partie du comité du non. «Nous sommes contre la grève parce qu'on trouve que c'est un moyen inefficace qui génère des retombées négatives pour les étudiants. Il y a d'autres moyens de combattre les mesures d'austérité.»

Mme Côté, on chuchote que vous cherchez surtout à sauver votre session...

Il y a de cela aussi, concède Pascale Côté. «Y'a du monde pour qui il s'agit non seulement de sauver leur session, mais aussi leur emploi à temps plein cet été, un emploi qui va leur servir à financer leurs études ultérieures. On vient donc sauver notre session, mais aussi notre futur.»

Et puis Mme Côté juge qu'il y a mieux à faire que manifester pour changer le monde. «Si au lieu d'aller manifester, 40000 personnes allaient aider à la soupe populaire ou encore donner un coup de main dans les hôpitaux pour aider les infirmières, me semble que ça aiderait à changer la société», fait-elle valoir.

Des arguments qui font sourire Simon Berger, porte-parole du comité du oui. «C'est un peu utopique de penser que ça va changer les choses. Le système est attaqué, il faut le défendre avant de penser à le réformer. Quand on aura réussi, let's go l'implication, je suis complètement d'accord!

«En attendant, les mesures d'austérité attaquent la population, surtout les plus démunis. Et on pense que c'est important de se mobiliser contre ces politiques. La manière le plus efficace de le faire, c'est la grève.»

Et ceux qui disent que vous voulez seulement vous offrir des journées de congé, Simon, que leur réponds-tu?

«Que c'est faux! Pendant qu'on est en grève, on a plein de choses à faire. On est à des manifestations, on fait des actions pour donner de la visibilité au mouvement. En plus, il faut venir piqueter. On n'est pas en congé quand on est en grève!»

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