L'injustice

Nathalie Rheault et Rémi-Paul Duval ressortent amers de... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Nathalie Rheault et Rémi-Paul Duval ressortent amers de leur expérience devant les tribunaux.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Nathalie Rheault et Rémi-Paul Duval ont gagné leur cause devant les tribunaux contre l'ancien propriétaire de leur jolie demeure à la campagne. Gagné? C'est un bien grand mot.

Dans les faits, le couple de Cantley ressort amer de son expérience devant les tribunaux. Un «cauchemar interminable» qui leur a coûté une fortune en honoraires d'avocats sans pour autant leur apporter satisfaction.

Au final, ils n'ont pas l'impression que justice a été rendue dans cette affaire de vice caché liée à des accumulations d'eau sur leur terrain et à une installation déficiente de la fosse septique.

Ils ont l'impression que le système judiciaire a failli à la tâche. Et que les seuls véritables gagnants ont été les avocats de chacune des parties, qui ont empoché un joli magot.

«La rumeur qui court dans le quartier, c'est qu'on a gagné en cour. Gagné quoi au juste? Je me le demande encore», raconte Nathalie Rheault sans cacher son amertume.

Le jeune couple sort d'autant plus déçu et frustré de son expérience que l'ancien propriétaire, qui devait leur rembourser 6000$ au terme des procédures, a déclaré faillite quelques jours avant la date du paiement.

En consultant les documents du syndic, le couple a constaté que l'ancien propriétaire possédait un chalet en plus de sa résidence principale. Sur Facebook, leur enfant pose fièrement avec sa nouvelle console XBox devant un écran de 60 pouces.

Nathalie Rheault enrage. Alors que son conjoint et elle ont réhypothéqué leur maison et dépensé 12000$ en honoraires d'avocat afin d'obtenir justice, elle ne peut concevoir qu'elle devra dire adieu à une partie de l'argent que lui doivent les anciens propriétaires.

«Comment est-ce possible qu'une jeune famille comme la nôtre, qui paye ses impôts, qui accumule des dettes pour obtenir justice... Comment est-ce possible qu'à la fin, ce soit nous qui ne soyons pas indemnisés pour le mal subi? Où est la justice?»

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Nathalie était enceinte jusqu'au cou de son deuxième enfant au moment d'acheter leur nouvelle maison. Ils sont tombés sous le charme campagnard de cette jolie demeure jaune, au charme guilleret, en banlieue de Gatineau.

De la table de la salle à manger, Nathalie Rheault jette un coup d'oeil à la cuisine qu'elle a rénovée à grands frais avec son conjoint. Un petit chef-d'oeuvre de design qui leur a valu le premier prix d'un concours lancé par une revue de décoration. «Ma maison est tellement belle, soupire Nathalie. Mais je ne l'aime plus à cause de ce nuage noir qui plane au-dessus d'elle.»

Ils ont découvert le problème d'accumulation d'eau sur le terrain seulement au printemps, après avoir investi 35000$ en rénovations intérieures.

En cour, les experts se sont contredits pour identifier la cause du problème. Le mauvais drainage ou une déficience de la fosse septique?

Au final, malgré un règlement en leur faveur de la Cour du Québec, le couple se retrouvera à payer presque en entier les travaux correctifs estimés à 31000$ par un expert.

L'excavateur et l'inspecteur qui a attesté des installations septiques ont consenti à verser une indemnité de 14000$ au couple. Sauf que ce montant est pratiquement annulé par les honoraires d'avocats qui s'élèvent à 12000$...

Quinze mois après le début des procédures, Nathalie et Rémi-Paul se retrouvent donc pratiquement au point de départ. Avec des cheveux gris en plus. Et avec de sérieux doutes sur la capacité de notre système à rendre justice.

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