Dans la vraie vie...

Gilles Courteau... (Photo Maxime Picard, archives La Tribune)

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Gilles Courteau

Photo Maxime Picard, archives La Tribune

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C'est dommage, mais les bonzes de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHMJQ) ne sont pas invités aux consultations sur le plan d'action gouvernemental en matière d'agressions sexuelles, qui débutent la semaine prochaine à Québec.

Juste pour le côté surréaliste de l'affaire, j'aurais bien aimé voir le commissaire de LHJMQ, Gilles Courteau, venir s'expliquer avec les groupes des femmes. Et tant qu'à y être, le président des Olympiques de Gatineau, Alain Sear. Et pourquoi pas quelques joueurs, tiens?

J'aurais bien aimé qu'on les extirpe pour une fois du milieu macho et complaisant du hockey afin de les confronter à la vraie vie. Juste pour le plaisir de voir ce qu'ils répondraient quand les groupes de femmes leur demanderaient de s'exprimer sur la notion de consentement, par exemple.

J'imagine déjà la réponse des hommes de hockey: «Bien sûr mesdames, ça nous fera plaisir d'en discuter avec vous. Mais est-ce qu'on ne peut pas attendre quelques semaines que l'équipe se qualifie pour les séries? Parce que là, ça va être une source de distraction pour nos petits gars...»

J'aimerais bien entendre un gars comme Courteau échanger avec les groupes de femmes sur l'encadrement que la ligue doit fournir à ses jeunes hockeyeurs dans la foulée des deux plaintes de nature sexuelle déposées contre des joueurs des Olympiques.

Voir s'il oserait leur répéter les molles platitudes qu'il a servies aux médias cette semaine, du genre: «Vous savez mesdames, on ne peut pas toujours s'assurer que 100% de nos joueurs vont toujours se comporter de la façon la plus exemplaire...»

Bien sûr que non.

Par contre, rien n'empêche une ligue de sévir contre les comportements répréhensibles lorsqu'ils surviennent sur et hors glace.

La preuve? La ligue de hockey de l'Ontario a suspendu en novembre deux hockeyeurs pour 15 matches - 15 matches! - parce que le contenu peu respectueux de leurs discussions confidentielles avec des femmes s'est retrouvé sur les médias sociaux. Quinze matches pour des gestes qui ne sont pas de nature criminelle.

Après ça, quand la Ligue de hockey de l'Ontario vient nous dire qu'«elle prend très au sérieux le respect, la diversité et le harcèlement», on a tendance à la croire.

Tout le contraire de la LHJMQ, qui mandate un ancien agent de joueurs pour faire enquête sur les événements du Boston Pizza (bonjour l'apparence de conflit d'intérêts!) et qui refuse jusqu'ici toute véritable remise en question concernant l'encadrement de ses joueurs.

Les groupes sportifs ne sont pas invités aux consultations sur le plan d'action en matière d'agressions sexuelles, et c'est bien dommage. Les consultations ont été préparées avant les événements récents et il se fait tard pour en chambouler la programmation, a expliqué hier la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, qui pilote le processus.

Dommage parce qu'on avait là un forum intéressant pour discuter, pendant que le sujet est brûlant, des moyens de prévenir d'éventuelles agressions dans le hockey, de soutenir les victimes, de favoriser les démarches de réparation et de sensibiliser les agresseurs.

À charge de revanche, sans doute.

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