Une drôle de bibitte

Le conseiller Mike Duggan... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le conseiller Mike Duggan

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Mike Duggan est une drôle de bibitte politique, un électron libre qui ne fait pas les choses comme les autres au conseil municipal de Gatineau.

Depuis son élection en 2013, M. Duggan a trouvé le moyen de faire parler de lui à plusieurs occasions dans les médias, et pas toujours pour les bonnes raisons.

On se souviendra de son doigt d'honneur à l'endroit d'un certain chroniqueur du Droit, un geste malheureux qui l'a conduit à démissionner de son siège au comité exécutif.

Il a récidivé cette semaine en brisant la règle du huis clos, un accroc qui a provoqué les hauts cris de ses collègues et lui a valu des «menaces» de sanctions de la part du maire Maxime Pedneaud-Jobin.

Ce sont presque toujours des loups solitaires comme Mike Duggan qui finissent, un jour ou l'autre, par transgresser la loi du secret en divulguant le contenu d'un huis clos.

Ils le font parfois dans le noble but de dénoncer des injustices intolérables à leurs yeux. Parfois, c'est par simple calcul politique. Dans le cas de Duggan, ses motivations sont difficiles à comprendre tant le personnage est hors norme.

Pour la conseillère Louise Boudrias, c'est simple: Mike Duggan ne comprend pas son rôle et ses responsabilités d'élu. Moi, j'y vois le geste d'un iconoclaste qui n'a rien à perdre et qui est prêt à tout pour attirer les projecteurs sur sa personne. Mike Duggan est un expert dans ce genre de manoeuvre. Et il a encore réussi son coup à merveille. Il s'est fait inviter sur toutes les tribunes et on a parlé de lui pendant trois jours dans les médias. Pas pire pour un conseiller d'arrière-ban.

Bien sûr qu'il va en payer le prix politique. Personne au conseil municipal n'a envie de travailler avec un panier percé. Mike Duggan va se retrouver plus isolé que jamais. Mais qu'avait-il à perdre? Isolé, il l'était déjà.

Il ne perd pas sur tous les plans. Il s'en trouve, ces jours-ci, pour percevoir en M. Duggan un champion de la liberté d'expression, un politicien prêt à briser les interdits pour faire triompher la vérité. À sa façon, Mike Duggan incarne un certain mouvement contestataire, anti-establishment et écologiste qui se manifeste régulièrement lors des réunions publiques dans le secteur d'Aylmer. Il se peut très bien que sa sortie de cette semaine conforte sa position au sein de sa base électorale.

N'empêche, sa sortie sur les liens entre le CLD et l'homme d'affaires Patrick Molla relevait de la théorie du complot et frisait la diffamation. S'il sait des choses, que M. Duggan appelle les autorités compétentes. Sinon, son rôle d'élu devrait l'astreindre au silence. Se taire, quand les circonstances l'imposent, est aussi un geste démocratique.

***

La Ville de Gatineau a joué gros en relançant les mises pour la construction de son futur centre multifonctionnel.

Elle a remporté - à moitié - son pari.

Les nouveaux prix obtenus sur le marché feraient osciller la facture autour de 70 millions. C'est moins cher que lors du premier appel d'offres, mais encore nettement au-delà des 63,5 millions que la Ville a mis de côté pour son futur amphithéâtre.

Bref, le conseil municipal ne pourra s'éviter un autre débat sur le nouveau Guertin. Les élus devront décider s'ils rajoutent quelques millions dans la cagnotte pour aller de l'avant ou s'ils reprennent tout depuis le début.

Il s'en trouvera sûrement, au conseil municipal, pour proposer de revoir le projet de A à Z, du nombre de patinoires au nombre de sièges, en passant par l'emplacement de l'amphithéâtre.

Mais à vue de nez, il est impensable de revenir en arrière.

Les conséquences financières seraient trop lourdes. Ce serait risquer, presque à coup sûr, de perdre la subvention de 26,5 millions consentie par Québec et rattachée au projet actuel. Ce serait aussi dire adieu aux 6 millions$ déjà investis dans les plans et devis qu'il faudrait reprendre à zéro.

Dans ce dossier, l'indécision et les manoeuvres politiques ont déjà coûté trop cher aux contribuables.

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