Ce qui importe vraiment

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Ainsi, des joueurs des Olympiques se seraient livrés à des gestes de nature sexuelle avec une femme saoule (ou intoxiquée, ce n'est pas clair) dans les toilettes du Boston Pizza de Gatineau.

Sur les médias sociaux hier, il s'en trouvait pour prendre la défense des hockeyeurs. Une défense qui tient à peu près à ceci: comment des petits gars, boostés à la testostérone, pouvaient-ils résister à une fille qui leur montrait ses seins et les frenchaient à pleine gueule dans un bar?

Ben oui, pauvres petits gars. Comment leur en vouloir? À 17, 18, 19 ou 20 ans, on ne peut pas leur demander de faire la différence entre une femme avide de sexe et une femme en détresse.

Plus que tout, je trouve que c'est la bêtise qui domine cette histoire. De la bêtise doublée ici, il me semble, d'une bonne dose d'égocentrisme. De toute évidence, ces jeunes vedettes sportives ont pensé à leur propre plaisir sans se soucier de savoir si la jeune femme était capable d'en éprouver.

Ce n'est pas la première fois que je le note, mais il me semble qu'on perd tout sens de la mesure dans ce pays dès qu'il est question du sport national. Il s'en trouve pour tout pardonner à nos hockeyeurs.

Sur son blogue, un descripteur aux matches des Olympiques minimisait hier toute l'affaire du Boston Pizza: «Ça représente surtout une source de distraction à la seule chose importante en ce moment: participer aux séries.»

La seule chose importante? Participer aux séries? Faut-il être déconnecté de la réalité pour dire une chose pareille.

J'imaginais qu'après l'affaire Jian Ghomeshi, après cette vague de femmes qui ont dénoncé les viols dont elles ont été victimes, on commençait à mieux comprendre la ligne au-delà de laquelle il ne faut pas s'aventurer, celle du consentement.

Autre exemple qui devrait faire réfléchir les jeunes hockeyeurs: pas plus tard que l'année dernière, deux joueurs des Gee Gees de l'Université d'Ottawa ont été accusés d'agressions sexuelles pour des gestes commis lors d'un voyage sur la route. Un triste épisode qui a mené à la suspension du programme de hockey et interrompu abruptement de prometteuses carrières.

"*

Dans le cas du Boston Pizza, l'enquête policière nous dira si l'affaire relève de la grossière indécence ou de l'agression sexuelle. En supposant, bien sûr, que la plainte mène à des accusations. Dans ce genre d'affaire, tout dépend de la décision de la jeune femme de témoigner ou non.

Du point de vue de la justice, le débat tournera autour de la notion de consentement. En montrant ses parties intimes aux hockeyeurs, en les embrassant, en les suivant sans protester jusque dans les toilettes du restaurant, la femme était-elle consentante? Ou bien son degré d'intoxication était tel qu'on ne peut parler de consentement au vu de la justice?

Peu importe ce qu'il adviendra, j'en retiens qu'on s'est bien peu inquiété du sort de cette femme. On dit qu'elle a quitté le Boston Pizza tard le soir, dans un état second, en refusant le taxi qu'on lui offrait. N'en déplaise à certains, son sort importe plus qu'une éventuelle participation aux séries des Olympiques.

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