Des caillots dans le système

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Certains gestionnaires d'hôpitaux ne faisaient qu'à leur tête: entre les lignes, c'est ce qu'on comprend de cette conférence de presse donnée vendredi par deux hauts dirigeants du CSSS de Gatineau, Guy Morrissette et Jean Hébert.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Même si les ordres venaient parfois d'aussi haut que le bureau du ministre de la Santé, il semble que certains gestionnaires d'hôpitaux n'en faisaient qu'à leur tête à Gatineau.

Ainsi, même après que deux ministres, l'un péquiste et l'autre libéral, aient annoncé que la priorité était de rapatrier des accouchements qui se faisaient à Ottawa, la machine administrative tardait à emboîter le pas.

Certains gestionnaires avaient décidé que le rapatriement de l'obstétrique n'était tout simplement pas une priorité pour eux. Et voilà, la vie continuait, sans autre conséquence pour les dissidents.

En lisant entre les lignes, c'est ce qu'on comprend de cette conférence de presse donnée vendredi par deux hauts dirigeants du CSSS de Gatineau, Guy Morrissette et Jean Hébert.

Les deux hommes ont évité soigneusement d'identifier un ou des coupables au sein de l'organisation, se contentant d'exposer la situation en termes très généraux.

En tout cas, on comprend mieux la décision de Gaétan Barrette de mettre l'établissement sous tutelle au début janvier.

Le ministre déplorait alors une culture du déficit chronique au sein de l'organisation. C'est à se demander si elle n'était pas doublée d'une culture de l'insubordination.

Si c'est le cas, la situation est pour le moins problématique pour une organisation qui se débat avec un «déficit chronique» de plusieurs millions de dollars.

Sans doute que la dissidence manifestée au sein même du CSSS de Gatineau est parfois justifiée. On peut penser que des gestionnaires ou des médecins s'opposent parfois à certaines mesures au nom du droit sacré du patient à recevoir des soins de qualité.

Peu importe qui a raison, tout ceci témoigne d'un dysfonctionnement important. Un navire où les matelots désobéissent au capitaine risque le naufrage à la première tempête.

***

D'ici quelques semaines, on assistera à la mise en place d'une nouvelle mégastructure pour chapeauter le système de santé en Outaouais.

Cette créature du ministre Barrette redonnera sans aucun doute le gros bout du bâton aux gestionnaires. C'est une bonne nouvelle pour les comptables.

Pour les patients, je suis moins sûr.

J'aime bien l'idée que des médecins montent aux barricades pour défendre la qualité des soins offerts. Tout en comprenant très bien que les ressources financières du réseau de la santé ne sont pas illimitées.

Ce qui m'inquiète, c'est la manière dont se fera l'arbitrage au sein de la nouvelle structure entre les besoins des patients et les impératifs budgétaires.

Le Dr Morrissette a beau nous assurer qu'il existe des moyens de soigner qui coûtent moins cher tout en demeurant aussi efficaces, j'ai encore besoin d'être convaincu.

Et la précipitation avec laquelle l'Agence de la santé s'apprêtait à sabrer sa subvention au Centre 24/7, la semaine dernière, sans trop calculer les impacts sur l'engorgement des urgences, n'est pas pour me rassurer.

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