Deux maires, deux mondes

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Non, les maires Maxime Pedneaud-Jobin et Jim Watson ne jouent pas dans la même ligue. C'était particulièrement évident hier alors qu'ils partageaient une même tribune à Ottawa.

Il n'est pas fréquent de voir les maires de Gatineau et d'Ottawa assis côte à côte pour expliquer leurs priorités et leur vision d'avenir. Or c'était le cas hier lors de ce dîner-conférence du Regroupement des gens d'affaires.

L'exercice était fort révélateur. Il permettait de mieux saisir le contexte fort différent dans lequel les deux hommes exercent leur mandat.

Alors que Watson dirige la capitale du pays et jouit d'un poids politique considérable, Pedneaud-Jobin est à la tête d'une ville plus modeste qui semble perpétuellement en quête de reconnaissance et d'identité malgré son statut de 4e ville du Québec.

Les deux politiciens ont de toute évidence une relation cordiale. Mais on sent qu'il en faudra plus pour aplanir les vieilles divergences entre Gatineau et Ottawa. Car au-delà des formules de politesse, un fait demeure: les deux maires n'ont pas de comptes à se rendre.

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C'était le maire Pedneaud-Jobin qui avait le plus à gagner hier. Fait révélateur, il s'est présenté au dîner à la tête d'une délégation comprenant sa garde rapprochée, des membres de la direction générale et une dizaine de conseillers municipaux. Sauf erreur, le maire d'Ottawa était à peu près le seul de sa bande, même si l'événement se déroulait dans sa cour.

C'est l'évidence, le maire Jim Watson et le maire Maxime Pedneaud-Jobin entretiennent une relation bienveillante.

D'ailleurs, on sent un grand respect de la part de M. Pedneaud-Jobin pour le maire Watson qui a une longue feuille de route en politique municipale et provinciale.

Les deux maires se parlent plus souvent que leurs prédécesseurs. Voilà quelques mois, ils ont fait une sortie commune afin de se réclamer chacun un siège au conseil de la Commission de la capitale nationale - une démarche restée infructueuse jusqu'ici.

En même temps, on réalise ces jours-ci avec le débat autour de la vocation future du pont Prince-de-Galles qu'il faudra plus que des relations cordiales pour aplanir les divergences entre les deux villes.

Au-delà des fleurs qu'ils se lancent, les deux maires ne donnent pas l'impression de vouloir se faire de cadeaux.

Sur la question du pont Prince-de-Galles, entre autres, le maire Watson a clairement indiqué hier que le dossier n'était pas une priorité pour lui. Tant pis pour Gatineau qui voit le pont ferroviaire comme un lien potentiel de transport en commun vers le centre-ville d'Ottawa.

Un autre dossier illustre à merveille les deux mondes dans lesquels évoluent les maires: les fêtes du 150e anniversaire de la Confédération.

Alors que le maire d'Ottawa parle d'attirer la Coupe Grey dans sa ville en 2017, d'organiser un match en plein air entre les Canadiens et les Sénateurs, voire d'inviter le pape François à Ottawa, le maire de Gatineau a bien peu à proposer.

M. Pedneaud-Jobin a confessé le retard pris par sa ville dans ce dossier. En vérité, Gatineau n'est plus dans la course aux subventions du 150e depuis que le projet Destination Gatineau a été mis sur la glace.

Devant les gens d'affaires, les deux maires ont ressassé le vieux couplet comme quoi la région d'Ottawa-Gatineau est une seule et même région économique. Bon joueur, le maire Watson a concédé que les gens d'Ottawa sont gagnants quand Gatineau réussit à attirer une nouvelle entreprise de son côté.

De bien belles paroles en vérité. Sauf qu'il ne faut pas grand-chose pour que l'esprit de compétition se réveille entre les deux villes. À ce que je sache, Ottawa aimerait bien rapatrier les gens qui traversent la rivière pour aller jouer leurs économies au Casino du Lac-Leamy...

Le réchauffement des relations entre les deux maires est certainement une bonne chose.

Mais il y a des limites à ce que deux politiciens, même de bonne volonté, peuvent accomplir ensemble lorsqu'ils doivent répondre à des électorats aussi différents.

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