Tout est relatif

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Quand le maire Maxime Pedneaud-Jobin dit que ça s'est «relativement bien passé» pour régler hors cour avec la firme Decarel, le mot-clé de sa déclaration est «relativement».

Oui, les choses se sont «relativement» bien passées au cours des derniers mois étant donné que cette chicane entre la Ville de Gatineau et le constructeur du centre sportif était devenue un immense bordel.

Au total, la Ville était embourbée dans près de 30 dossiers judiciarisés en lien avec la construction de son centre sportif, y compris cette poursuite de 24 millions logée par Decarel. Pire, toute l'affaire se dirigeait en droite ligne vers un mégaprocès l'automne prochain.

Alors oui, dans ce contexte, le règlement hors cour de 13,4 millions conclu avec Decarel semble «relativement» acceptable.

Sûrement que la perspective d'un coûteux procès à l'issue incertaine a convaincu tout le monde qu'il valait mieux trouver un terrain d'entente. Avec, en tête, cette vieille maxime que le pire des règlements vaut encore mieux que le meilleur des procès.

L'intervention du juge en chef de la Cour supérieure a certainement contribué à rapprocher les parties. Tout comme la volonté du maire Pedneaud-Jobin de régler une fois pour toutes ce dossier hérité de son prédécesseur.

Au lieu de laisser le dossier entre les mains des avocats, on s'est arrangé pour que les décideurs de part et d'autre mettent la main à la pâte et arrivent à un règlement.

Il était temps.

Rien que les avocasseries dans ce dossier ont déjà coûté 1,4 million aux contribuables de Gatineau. Et on estimait la facture d'un éventuel procès à un autre million, minimum.

***

Maintenant, si les négociations de la dernière chance pour éviter un procès se sont avérées «relativement» fructueuses, on ne peut pas en dire autant de l'ensemble du dossier.

Au final, le contribuable est le dindon de la farce dans cette histoire. Il se retrouvera à payer 10 millions de plus pour son centre sportif. Alors qu'on lui promettait, à l'époque, qu'il coûterait 42 millions - et pas une cenne de plus.

C'est précisément pour se prémunir contre les dépassements de coûts que l'ancienne administration de Marc Bureau avait opté pour donner un contrat selon la formule «clé en main» à Decarel.

On le sait maintenant, la formule «clé en main» n'est pas exactement une formule magique...

Pour le reste, on demeure dans le vague quant aux leçons à tirer de cette affaire.

Ainsi, on ne sait toujours pas quelle est la part de responsabilité de la Ville et celle de l'entrepreneur dans les déboires du centre sportif. Et on n'en saura peut-être jamais le fin mot. Disons que ce genre d'entente hors cour, souvent assortie de clauses de confidentialité, n'est pas particulièrement éclairante à ce sujet.

Plusieurs questions demeurent sans réponse. Ainsi, est-ce la formule clé en main qui était mal avisée? Est-ce que c'est la supervision du chantier par la Ville de Gatineau qui est en cause? Est-ce l'entrepreneur qui travaillait mal? Est-ce que la construction d'un centre sportif de 50 millions, dans des délais assez courts, était une trop grosse bouchée à avaler? L'ensemble de ces réponses?

Sur le bilan à tirer, le maire Maxime Pedneaud-Jobin s'est montré peu loquace hier. C'est pourtant lui, après l'échec retentissant du projet de centre multifonctionnel sur la rue Montcalm, qui demandait des comptes à l'ancien maire Bureau et l'exhortait à faire un post-mortem en public. Souhaitons qu'il reviendra éventuellement avec un bilan plus étoffé de toute l'affaire.

C'est d'autant plus important d'apporter des réponses que la Ville de Gatineau s'apprête à se faire les dents sur un autre projet d'envergure. D'ici quelques jours, elle ouvrira les soumissions pour la construction de son futur centre multifonctionnel dont les coûts sont estimés à 63 millions.

C'est vrai, le Bureau des grands projets de Gatineau, ouvert l'an dernier, est un début de réponse aux problèmes rencontrés sur les grands chantiers municipaux.

Mais encore?

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