Pourquoi Flavie?

Flavie et sa mère Danièle, en mai dernier.... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Flavie et sa mère Danièle, en mai dernier.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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La vie n'est pas comme dans ces films où tout est bien qui finit bien.

La belle Flavie dont je vous parlais dans une chronique, en mai dernier, est décédée du cancer. À 15 ans. Un cancer rare, un ostéosarcome, s'était installé dans sa jambe. La bête était féroce. Elle a mis moins d'un an à venir à bout de Flavie qui est décédée le 24 janvier au CHEO.

Quand j'ai rencontré Flavie pour ma chronique, elle venait tout juste de savoir. Le cancer faisait peur, mais c'était l'espoir qui l'emportait à l'époque. Ses parents, son entourage, ses amies de la polyvalente de l'Île multipliaient les gestes d'appuis et d'encouragements.

Flavie, elle, était... lumineuse.

Du moins, c'est le souvenir que j'en ai.

Je l'avais rencontrée chez elle, à Gatineau, en compagnie de sa mère Danièle Leroux. Ses parents avaient installé le lit de leur fille unique au salon. C'est là qu'elle se reposait entre deux traitements de chimio. Elle m'avait parlé de sa maladie sans pudeur.

J'avais été frappé par la sérénité avec laquelle elle acceptait le cancer. Il n'y avait pas de doute dans son esprit qu'elle allait guérir. Même si elle allait se faire amputer une partie de la jambe. Elle comptait rejouer au soccer et au basketball. Avec une prothèse.

«Sur le coup, le mot cancer fait peur. Mais après, j'ai tellement bien pris ça! Le spécialiste m'a dit que le traitement et l'attitude du patient comptaient chacun pour 50% dans la guérison. Alors, j'essaie de ne pas penser aux choses négatives», disait-elle.

Le cancer s'en prenait à une jeune fille pleine de vie, sportive, attachante, première de classe, appréciée de tous.

On avait envie de demander: pourquoi elle?

***

Plutôt que des funérailles, on lui a organisé une cérémonie hommage lundi dans un hôtel d'Aylmer. On a fait jouer la chanson de Cabrel, Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai. Celle où il parle d'«un diamant tombé du coffret».

Le diamant, c'est Flavie.

Il y avait au moins 500 personnes dans la salle. Des parents, des amis, des profs de la polyvalente et une compagne d'infortune, Marianne, qui l'a connue en chimiothérapie au CHEO. Tous venus saluer une jeune fille de 15 ans qui a marqué son entourage par son sourire, son humour, sa simplicité.

Et son courage. Tout le monde parlait de son courage.

«C'était facile de se sentir bien avec elle, a dit sa meilleure amie, Sarah-Maude Crousset. Elle prenait la vie à la légère et savait nous rassembler. En même temps, elle était extrêmement courageuse. Elle allait toujours de l'avant, elle était tellement forte. Je ne sais pas pourquoi ça lui est arrivé à elle...»

Encore cette foutue question. Pourquoi elle?

Son groupe d'amies avait confectionné de petits rubans jaunes et blancs que tout le monde portait dans la salle. Jaune pour la lutte contre le cancer chez les enfants. Et blanc pour l'espoir.

Pour se donner du courage pendant ses traitements de chimiothérapie, Flavie écoutait une chanson de Louis-Jean Cormier, Le monstre, qu'on aurait dit écrite pour elle:

«Y'a un monstre qui crie au creux de ton ventre

Qui fait tout pour te prendre des tranches de ta vie

Il mange les sourires, il boit les larmes de joie

Faut pas qu'il te voit et qu'il recrache le pire.»

Flavie n'a pas laissé le monstre dévorer son sourire.

«Elle n'a jamais abandonné, a dit sa mère, Danièle Leroux, qui est montée à la tribune à la toute fin, au bras du père, François Jubinville.

«Flavie était déterminée à ne pas laisser la maladie avoir le dessus. Elle a su garder son beau sourire, son attitude positive et combative, et son sens de l'humour jusqu'à la fin.

«C'est l'amour que nous avons pour elle qui nous a permis de poser le geste le plus difficile qui soit pour des parents : la laisser partir, notre Flavie-doux...»

Dans les derniers moments, le couple a fait une promesse à Flavie. «On lui a promis de nous rebâtir. Malgré cette peine qui fait désormais partie de nous», a dit sa mère.

Bon courage.

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