L'amour sur le tard

«Les gens nous disent: on veut un compagnon,... (Martin Roy, LeDroit)

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«Les gens nous disent: on veut un compagnon, pas le prince charmant, ni l'amant parfait», confie Édith Larochelle.

Martin Roy, LeDroit

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Après s'être connus grâce à un club d'amitié, Maurice Corriveau et Édith Larochelle ont décidé de fonder leur propre club de rencontre pour gens de 50 ans et plus à Gatineau. Ils ont voulu donner au suivant en permettant à d'autres célibataires plus âgés, comme eux, de trouver l'âme soeur.

Eux-mêmes forment un couple improbable en raison de leur écart d'âge.

Lui est un ancien travailleur social. Déjà marié deux fois et toujours actif à 75 ans. Il joue au hockey trois fois par semaine et fait du ski de patin... Elle est plus jeune, 64 ans, ancienne infirmière. Mariée une fois... Trois ans déjà qu'ils sont ensemble. «On ne pensait pas que ce bonheur nous arriverait ainsi, sur le tard», confie Édith.

Bref, ils ont décidé de créer leur propre club qui s'appelle Les belles rencontres.

C'est un club à l'ancienne mode, fondé sur le concept de ces vieilles émissions animées par Janette Bertrand: Parler pour parler. On rassemble un groupe d'hommes et de femmes autour d'une bonne table. Et on jase à partir d'un thème donné. Le thème a peu d'importance. Ce n'est qu'un prétexte pour briser la glace et amorcer la discussion.

La formule a donc peu à voir avec ces agences de rencontres sur Internet où hommes et femmes se présentent sous leurs plus beaux atours - ce qui est le point de départ de bien des déceptions. Car entre la photo avantageuse sur Internet, et la véritable personne qu'on finit par rencontrer, il y a souvent une légère différence...

Bref, le succès du club a été immédiat. «Avec notre formule, on peut immédiatement savoir de quoi l'autre a l'air, avoir une idée de son physique, mais aussi de son élocution, de ses valeurs, de ce qu'il aime dans la vie. C'est plus vrai, plus palpable que ce qu'on retrouve sur les réseaux sociaux», dit Édith.

•••

Trois mois à peine après l'ouverture, ils ont déjà 120 inscriptions pour leurs soupers rencontres du jeudi soir au Forain, un restaurant du secteur Hull. Leur club a la particularité de s'adresser à des professionnels, actifs ou retraités. L'âge des célibataires varie de 40 à 78 ans.

Seul petit problème: le club compte quatre femmes pour un homme.

D'où le cri du coeur de Maurice: on veut des hommes!

Pourquoi tant de femmes et si peu d'hommes? Là-dessus, Maurice et Édith se perdent en conjectures. Mais il y aurait, entre autres, que les hommes préfèrent généralement... les femmes plus jeunes. Maurice et Édith en sont l'exemple patent. Ils s'aiment, même si lui a 10 ans de plus qu'elle...

«Quand j'ai rencontré Maurice, j'ai tout de suite vu un homme intéressant pour moi», raconte Édith. Mais il avait 10 ans de plus et ça me fatiguait de m'embarquer avec un vieux.

«Je me disais: il va me claquer dans les mains d'une crise cardiaque avant six mois! Puis j'ai réalisé que c'était tellement merveilleux avec lui que même pour six mois, ça en valait la chandelle. Alors je me suis embarqué dans l'aventure...

«Dans cette galère, tu veux dire!» l'interrompt Maurice avec un sourire espiègle.

•••

On dit souvent qu'en vieillissant, les célibataires deviennent plus sélectifs dans le choix de leur partenaire.

«C'est vrai, concède Édith. Après un divorce, les gens ont beaucoup de critères de sélection. Mais avec l'âge, on développe une certaine sérénité. Au lieu de chercher le prince charmant, on devient plus réaliste.

«Si on rencontre quelqu'un à 60 ans, il faut s'attendre à ce qu'il fasse de petites maladies. De l'hypertension, de l'arthrite. Sans compter les petites rides», poursuit-elle.

«Bah, si ce n'est que ça, on la marie toute de suite!», ajoute Maurice, toujours prompt à taquiner sa «jeune» femme.

«Les gens nous disent: on veut un compagnon, pas le prince charmant, ni l'amant parfait, poursuit Édith. Ce n'est plus la performance ni la génitalité qui compte. On parle de sexualité, oui. Mais de romantisme, de sensualité, de tendresse...»

Même s'il manque cruellement d'hommes dans ce club de rencontre, certains y ont déjà trouvé l'amour. 

Deux couples ont affiché publiquement leur union lors d'un souper rencontre à Noël.

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