Un portrait pas si sombre

Gatineau, ville d'affaires ou ville d'enfer pour les entrepreneurs? (Martin Roy, Archives LeDroit)

Agrandir

Martin Roy, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Gatineau, ville d'affaires ou ville d'enfer pour les entrepreneurs?

Le débat a pimenté la campagne à la mairie de 2013. La controverse s'alimentait, à l'époque, à un sondage accablant de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI). Le palmarès plaçait Gatineau au 87e rang sur 107 villes canadiennes pour sa capacité à favoriser l'émergence de PME sur son territoire.

Or, une étude de l'Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) vient bousculer un certain nombre d'idées reçues quant à la performance de l'Outaouais. Loin de tirer de la patte, la région figurait au contraire parmi les plus performantes au Québec en 2013, selon un palmarès dressé par l'Institut de recherche sur les PME de l'UQTR.

Les chercheurs trifluviens ont dressé leur propre palmarès de l'environnement dans lequel évoluent les PME. L'Outaouais occupe le quatrième rang du classement des 16 régions du Québec, tout juste derrière la Capitale Nationale, la Montérégie et les Chaudière-Appalaches.

***

Voilà des résultats surprenants à première vue, étant donné que le palmarès abondamment médiatisé de la FQEI laissait croire que l'Outaouais n'est pas exactement une terre fertile pour les entrepreneurs.

La différence tient peut-être au fait que le sondage de la FQEI accordait une grande importance à la perception des entrepreneurs eux-mêmes quant à la réglementation municipale, à son application et à sa flexibilité. C'est surtout cet aspect du sondage de la FQEI qui faisait chuter Gatineau en queue de peloton.

L'étude de l'UQTR ratisse plus large et s'appuie sur 15 indicateurs économiques reconnus pour évaluer l'environnement dans lequel évoluent les PME.

Or en tenant compte de l'ensemble des facteurs, l'Outaouais fait non seulement bonne figure, mais elle se démarque à plusieurs chapitres sur les autres régions.

Ainsi, l'Outaouais arrive au premier rang pour ce qui est des activités en recherche et développement. Rien de surprenant à l'heure où on apprend que l'avionneur Airbus transférera à Gatineau un centre d'excellence en R&D de systèmes dans le domaine de la sécurité civile et de communication 9-1-1.

L'Outaouais se démarque à plusieurs autres chapitres, d'après les chercheurs de l'UQTR. Ainsi, elle domine la plupart des autres régions en ce qui a trait au niveau de scolarisation, au nombre d'emplois en sciences et en technologie, à la croissance de son PIB et aux investissements privés dans les secteurs non résidentiels. Seul bémol qui ne surprendra personne: le taux de décrochage scolaire est plus élevé en Outaouais qu'ailleurs au Québec.

Alors Gatineau, ville d'affaires ou ville d'enfer?

Un peu des deux, sans doute.

Nul doute qu'il y a du travail à faire pour changer la culture de la Ville de Gatineau. La lourdeur de la bureaucratie municipale n'est pas un mythe, ni les interminables délais dans l'émission des permis d'affaires, un problème d'ailleurs documenté par le vérificateur général Alain Girard en 2012.

L'étude de l'UQTR vient tout de même nuancer le portrait. Et nous dire que l'environnement dans lequel évoluent les PME en Outaouais, et dans sa métropole Gatineau, n'est pas aussi sombre qu'on le laisse parfois entendre.

***

Petit suivi en terminant.

L'histoire de la famille Minani vous a beaucoup ému si j'en juge par le nombre de courriels reçus à la suite de ma chronique du mois de décembre. Cette famille de sept enfants d'origine burundaise risquait l'éviction en pleine période des Fêtes. Le père venait de perdre son emploi et il avait beau chercher et chercher, personne ne voulait lui consentir un bail...

Et bien, ils ont fini par trouver un nouveau logement.

Grâce aux démarches de François Roy, de Logemen'occupe, entre autres. Il a aidé les Minani à obtenir un supplément au loyer de la part du gouvernement du Québec. La propriétaire de leur ancien logement a aussi consenti à étirer le bail, le temps que les choses se replacent pour eux.

Voilà les Minani assurés de vivre sous un toit pour au moins un an.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer