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Des chercheurs d'Ottawa ont développé un outil qui pourrait bien se révéler le fantasme suprême du chef d'État : un algorithme capable de mesurer, en temps réel, l'humeur du bon peuple.

Comment se sent la population après une victoire des Sénateurs d'Ottawa ? Après le discours d'un politicien ? Après une catastrophe ? À la veille d'un scrutin électoral ?

Les administrations publiques disposent de capteurs pour détecter instantanément des pannes d'électricité ou pour surveiller l'état des routes. Mais encore rien pour saisir, en temps réel, le pouls de la population. Sauf peut-être ces bons vieux sondages...

Pourtant, l'information brute sur l'humeur du peuple existe. Un immense corpus de données en temps réel est disponible juste là, à portée de la main.

Sur Facebook, sur Twitter, sur Linkedin...

Chaque jour, des millions de personnes partagent leurs pensées, leurs observations et leurs sentiments sur les réseaux sociaux.

Autant d'infos très riches sur les émotions ressenties par le peuple. De l'info gratuite, publique et accessible sans grands moyens technologiques.

Encore fallait-il trouver le moyen de tirer parti de cette mine d'or d'information.

C'est ce qu'ont cherché à faire les chercheurs du Laboratoire de recherche en communications multimédias de l'Université d'Ottawa.

•••

Ils ont développé un outil capable de mesurer l'humeur d'une ville à partir de Twitter, un réseau social basé sur l'émission de courts messages et de mots-clics (hashtag).

Exemple d'un message sur Twitter : « Les Canadiens ont gagné, yé ! #bonheur #joie ».

L'outil développé par les chercheurs d'Ottawa répertorie les mots, les mots-clics et les émoticônes contenus dans les gazouillis émis sur la Twittosphère.

Un algorithme classe ensuite les messages selon que leur contenu est positif ou négatif. Puis l'information est reportée sur une carte grâce aux données de géolocalisation.

C'est ainsi qu'après une victoire du Canadien contre les Canucks, début décembre, ils ont constaté que les messages positifs publiés par les Montréalais étaient plus élevés de 69 % que ceux des gens de Vancouver.

Toujours à en juger par le nombre de tweets positifs émis le vendredi soir et la fin de semaine, Halifax serait la ville la plus sur le party du Canada. Et Edmonton la moins joyeuse...

Les chercheurs admettent eux-mêmes que leur outil n'est pas parfaitement au point.

Il n'est pas acquis, par exemple, que les gens expriment leurs véritables émotions sur la twittosphère. Et puis Twitter n'a pas la popularité de Facebook, loin de là. Rien n'indique que les résultats obtenus représentent vraiment le sentiment général.

•••

Mais il reste que cette étude démontre le fabuleux potentiel des réseaux sociaux.

Dans ce cas-ci, les recherches menées par l'Université d'Ottawa visent un but louable : aider les villes à obtenir un portrait toujours plus exact de la réalité, dans le but d'améliorer qualité de vie des citoyens avec un outil qui peut, effectivement, aider les administrateurs publics à prendre de meilleures décisions.

D'un autre côté, tout ça donne le vertige.

Pendant qu'on écrit innocemment nos états d'âme sur Facebook ou Twitter, il s'en trouve pour essayer d'en tirer un parti pas toujours avouable. Qu'on se rappelle l'affaire Snowden qui a révélé l'existence de programmes de surveillance de masse américains et britanniques. Parions qu'il n'y a pas que les chercheurs de l'Université d'Ottawa qui cherchent à tirer parti de la masse d'information qu'on leur fournit avec tant de bonne volonté sur les médias sociaux.

#BigBrother #1984 #Orwell...

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