Retour à l'âge de pierre

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Le contribuable moyen risque de retenir surtout une chose du bras de fer qui se joue actuellement entre le ministre Pierre Moreau et le monde municipal. À la toute fin, c'est lui, le pauvre payeur de taxes, qui épongera la facture. Comme toujours...

Car au-delà des réactions indignées des maires, des sursauts d'égo et des menaces brandies par le ministre Moreau, on a l'impression que l'affrontement des derniers jours sert surtout à faire porter à l'autre l'odieux des prochaines compressions.

Je peux comprendre le ministre Moreau. Au moment où Québec tente par tous les moyens de renouer avec l'équilibre budgétaire, même au prix de briser ses promesses électorales, il comptait sur les municipalités pour faire leur part et se serrer la ceinture.

Au lieu de réduire leurs dépenses, des villes comme Laval et Longueuil ont préféré augmenter les taxes des contribuables pour absorber en partie les compressions imposées par Québec. Elles ont pris bien soin d'en faire porter l'odieux au gouvernement Couillard, ce qui a eu le don de courroucer le ministre Moreau.

Là où le ministre a échappé le ballon, c'est en sombrant dans le chantage et l'intimidation pour faire comprendre l'ampleur de sa frustration au monde municipal. En menaçant de couper les vivres aux villes qui suivraient l'exemple de Laval et Longueuil, le ministre Moreau a fait régresser à l'âge de pierre la nature des relations entre Québec et les municipalités.

Les villes ont bien raison de demander au premier ministre Philippe Couillard de rappeler son ministre à l'ordre. La réaction cavalière du ministre Moreau est complètement à contre-courant des engagements pris par son gouvernement et par les gouvernements libéraux précédents.

Peut-être faut-il mettre la riposte du ministre Moreau sur le compte de l'inexpérience. À moins que ce soit une stratégie de Québec pour établir son rapport de force avec les villes à la veille d'entreprendre avec elles la négociation d'un nouveau pacte fiscal.

Si j'étais à la place des villes, j'y verrais une sorte d'avertissement.

Les maires revendiquent davantage d'autonomie pour leurs villes. Le ministre Moreau a peut-être voulu leur faire comprendre qu'une plus grande autonomie s'accompagne d'une plus grande responsabilisation.

Or en s'érigeant en victimes de Québec pour faire avaler de nouvelles hausses de taxes à leurs contribuables, les villes n'aident pas leur cause.

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