L'héritage des maires

L'ex-maire Marc Bureau a contribué aux grandes lignes... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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L'ex-maire Marc Bureau a contribué aux grandes lignes du budget 2015 de la Ville de Gatineau. Il avait lui-même récolté une part du crédit pour des initiatives mises de l'avant par ses prédécesseurs quand il était maire.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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C'est vrai que de grands pans de ce budget 2015 à Gatineau sont un héritage de l'ère Marc Bureau.

Comme l'ont fait certains conseillers, rendons à l'ancien maire le mérite qui lui revient pour avoir pavé la voie à l'essor du centre-ville et au rattrapage dans l'entretien des infrastructures.

Mais tant qu'à voir les choses sous cet angle, poussons la logique jusqu'au bout.

Au début de son règne, l'ex-maire Bureau avait lui aussi récolté une part du crédit pour de nombreuses initiatives mises de l'avant par ses prédécesseurs. Ainsi, Marc Bureau était sur la tribune pour l'annonce en grande pompe du financement du centre sportif, en 2006, même si l'essentiel du travail avait été fait par ses prédécesseurs.

C'est Bureau aussi qui se trouvait à l'avant-scène lors des conférences de presse pour annoncer le financement du mur antibruit sur Maloney et les travaux de réfection de la rue Jacques-Cartier, deux dossiers majeurs qui se travaillaient en coulisses bien avant son élection.

Ainsi va la vie dans une démocratie municipale.

Quand un maire donne un coup de barre, il n'est pas rare que le bateau soit encore en train de virer lorsqu'une nouvelle administration s'installe à la mairie.

D'ailleurs, le maire Maxime Pedneaud-Jobin est en train de donner ses propres inflexions sur le gouvernail. À commencer par cette réforme de la gouvernance municipale qui a marqué sa première année à la mairie et dont les bienfaits se feront sentir au cours des prochaines années.

Il revient aussi à l'administration Pedneaud-Jobin d'avoir mis en branle la modernisation du réseau de bibliothèques, un dossier qui a fait l'objet de nombreux reports sous l'ancienne administration Bureau.

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Pour en revenir au budget de la Ville de Gatineau...

Au Québec, la préparation des budgets municipaux a été marquée cette année par des compressions de 300 millions dans les transferts aux villes, une mesure annoncée à la dernière minute par le gouvernement Couillard.

La «jambette» de Québec a forcé l'administration Pedneaud-Jobin à revoir in extremis son budget 2015 pour y sabrer un montant de 6,4 millions. Un exercice qui a ravivé de vieilles chicanes, mais que le conseil municipal a réussi à compléter en limitant la hausse de taxes à 2,9%.

Ces dernières semaines, on a reproché à Gatineau d'y aller trop timidement dans ses efforts pour réduire ses dépenses.

Peut-être. Mais à juger la réaction d'autres grandes villes aux compressions imposées par Québec, elle n'est pas la pire...

Ainsi, Longueuil a décidé de piger dans les surplus dédiés aux imprévus pour absorber le gros des compressions, tout en augmentant l'impôt foncier de 3,9%. Or piger ainsi dans les excédents pour payer l'épicerie n'est pas exactement une pratique viable et responsable...

Laval ne s'est pas cassé la tête. Après deux années de gel de taxes, elle a refilé aux contribuables, sous la forme d'une hausse de 3,2%, une bonne partie du manque à gagner résultant des compressions.

À l'opposé, d'autres villes comme Sherbrooke ont décidé de se serrer la ceinture, notamment en abolissant des postes par attrition. C'est aussi la voie empruntée par Montréal. Pour la première fois depuis la fusion, la métropole réduira ses dépenses à compter de l'an prochain, notamment en supprimant 2200 postes d'ici 2018.

À Gatineau, on n'en est pas là.

Pas question ici d'abolir des postes ou de piger dans les surplus pour compenser les coupures infligées par Québec.

Non, ce qui a sauvé les meubles cette année et facilité considérablement la tâche du conseil municipal, c'est un exercice de réduction des dépenses piloté par le conseiller Maxime Tremblay. Un exercice qui permettra de dégager des économies récurrentes de 6 millions par année.

Un exercice, faut-il le rappeler, qui s'est amorcé sous l'ère de Marc Bureau à la mairie...

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