Un coup bas

Sylvie Goneau s'est attaquée à la vie personnelle... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Sylvie Goneau s'est attaquée à la vie personnelle du maire de Gatineau.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Une chance que la bêtise ne tue pas en politique, sinon je ne donnerais pas cher de la peau de la conseillère Sylvie Goneau à Gatineau.

En s'attaquant ainsi à la vie personnelle du maire Maxime Pedneaud-Jobin, non seulement Mme Goneau se contredit-elle, elle rabaisse la politique à ce qu'elle peut comporter de plus laid et de plus gratuit.

Rappel des faits: c'est M. Pedneaud-Jobin lui-même qui a fait référence à sa situation de conciliation travail-famille lors d'une entrevue avec Roch Cholette hier midi sur les ondes du 104,7. Une situation qu'il a lui-même qualifiée de difficile.

Le maire a confié qu'il fait régulièrement l'aller-retour vers Montréal où habitent sa conjointe et ses filles aux études dans la métropole. Lui-même est domicilié à Gatineau, tout comme son plus jeune fils qui y fréquente l'école primaire.

Avec toute la subtilité qu'on lui connaît, Sylvie Goneau a décidé de sauter dans le tas après l'entrevue. Et de poser, sur sa page Facebook, la question qui tue à ses concitoyens: «Pensez-vous que le maire et sa famille devraient habiter sa ville?»

C'est un cheap shot de la part de Mme Goneau. Le maire n'enfreint aucune loi, et elle le sait très bien. De jouer ainsi, comme elle le fait, sur la situation du «maire et de sa famille» pour susciter l'indignation relève de la démagogie la plus crasse.

Il n'est pas dans la culture québécoise de mêler sordidement la vie personnelle et la vie publique d'un politicien. À moins d'avoir des raisons valables de le faire. Par exemple, si la situation personnelle d'un politicien l'empêche de remplir correctement sa fonction, il y a matière à débat. Mais là-dessus, je n'ai pas entendu Mme Goneau avancer quoi que ce soit d'intelligent.

Autre chose, Mme Goneau se contredit de façon flagrante sans même s'en rendre compte. Elle qui se réclame d'un certain féminisme, qui dénonce sur toutes les tribunes, et avec raison, le peu de place faite aux femmes en politique, se tire dans le pied avec une sortie pareille.

Car enfin, elle sait très bien que ce sont les difficultés de la conciliation travail-famille qui font le plus souvent obstacle à la venue de femmes en politique ou dans le monde des affaires.

Dans le cas du maire et de sa conjointe, on a un couple qui essaie de mener deux carrières de front, tout en consacrant du temps de qualité à leur famille. Une famille qui vit des horaires atypiques et qui fait preuve de créativité pour y remédier.

Et Mme Goneau y trouve à redire?

Je me rappelle d'une politicienne qui songeait à briguer la mairie d'une grande ville. Je ne la nommerai pas, mais ce n'est pas Mme Goneau.

Bref, cette politicienne hésitait à se lancer. Et vous savez pourquoi? Elle se demandait, tout bêtement, si la mairie lui laisserait du temps pour voir son chum et ses enfants. À la fin, elle a décidé d'abandonner la vie publique, ce qui est bien dommage parce que c'était une femme intelligente et de grande qualité.

Ce qu'on a, à Gatineau, c'est un maire qui a décidé de ne pas tout sacrifier à la politique. Où est le problème, pourvu que le maire fasse bien son travail? On peut même parier que ça fait de lui un humain plus équilibré à une époque où, justement, on reproche à tant de politiciens d'être déconnectés de la réalité.

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