Occasion ratée

Le président de l'ACFO d'Ottawa, Alexandre Mattaro-Michaud, Patrick... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Le président de l'ACFO d'Ottawa, Alexandre Mattaro-Michaud, Patrick Ladouceur, Joël Larocque, Steve Lorteau, Jordan Storozuk et le vice-président de l'ACFO d'Ottawa Danick Lafrance, souhaitent tous une désignation bilingue pour la Ville d'Ottawa en vue des célébrations du 150e anniversaire du Canada.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Pour dire combien Jim Watson était persuadé de remporter cette élection, il s'est permis une touche d'audace, le jour même du vote, sous la forme d'une parodie de House of Cards...

Dans cette petite vidéo diffusée sur les médias sociaux, le maire sortant d'Ottawa pousse la note jusqu'à jouer le rôle du méchant de cette télésérie à succès.

Il fallait un certain culot - ou une bonne dose de confiance - pour donner à Watson le rôle d'un politicien sans scrupules dans une pub électorale.

Mais bon, le produit final, qui visait à inciter les électeurs à aller voter, était réussi. Et drôle en plus.

Watson a donc été réélu hier soir pour un second mandat lors d'une soirée sans suspense. C'est dire, 40 minutes après la fin du scrutin, il amorçait son discours de victoire...

L'ennui, quand on est certain de l'emporter, c'est qu'on ne sent pas la nécessité de se compromettre sur les questions délicates. Sur le bilinguisme officiel, par exemple.

Pour les organismes francophones qui militent en faveur d'une désignation bilingue pour Ottawa, il y avait une occasion à saisir au cours de cette campagne.

Une belle occasion de forcer le maire Watson à sortir de sa zone de confort et à se compromettre en faveur de leurs revendications.

Peut-être par manque d'unité, peut-être aussi pour éviter de troubler la «paix linguistique», ils n'ont pas réussi à le pousser dans ses retranchements.

Difficile de ne pas y voir une sorte de revers. Un revers, mais pas une catastrophe.

---

J'étais dans un bar d'Ottawa en compagnie de gens de l'ACFO d'Ottawa hier soir pour suivre en direct le résultat des élections. Et pour eux, la véritable échéance pour faire d'Ottawa une capitale bilingue, c'est 2017. En même temps que le 150e anniversaire du Canada. «Et on pense que c'est possible», assure son président, Alexandre Mattard-Michaud.

Selon lui, M. Watson n'est pas si fermé qu'on le dit à une désignation pour Ottawa. Et il se plaisait hier à rappeler que le maire réélu d'Ottawa s'était prononcé en faveur du bilinguisme officiel... en 1999, juste avant la fusion. «C'est un individu qui est ouvert au bilinguisme et l'ACFO travaillera avec quiconque veut faire d'Ottawa une ville bilingue», a insisté M. Mattard-Michaud.

N'empêche, j'ai l'impression que ce mouvement en faveur du bilinguisme officiel manque encore de la cohérence nécessaire pour décoller réellement.

Ce n'est pas par manque d'appuis dans la communauté. Il y a 325000 personnes qui se disent bilingues à Ottawa. Aux francophiles et francophones de «souche» s'ajoutent, depuis plusieurs années, des immigrants de l'Afrique et du Moyen-Orient. Des gens qui ne s'établissent plus seulement dans les quartiers francophones traditionnels, mais aussi dans des bastions anglophones comme Westboro et Kanata. Ottawa compte près de 120 organismes ou groupes francophones. Voilà, sur papier en tout cas, une force politique considérable.

À tout cela s'ajoutent les organismes comme l'ACFO, l'AFO et cette coalition pour faire d'Ottawa une capitale bilingue. Dans les rangs politiques, les appuis sont également nombreux. Sur la colline du Parlement, libéraux et néo-démocrates se sont déjà prononcés en faveur. À Queen's Park, l'accueil est favorable chez les libéraux provinciaux. Ne manque plus que la Ville d'Ottawa qui votait pourtant en faveur du bilinguisme officiel... en 2001. La résolution existe toujours, mais ni le gouvernement de Mike Harris de l'époque, ni les autres qui lui ont succédé, n'ont jugé bon d'y donner suite.

Les appuis au bilinguisme officiels sont donc là, un peu partout. Mais on cherche encore le véhicule politique pour réunir tout ce beau monde, pour incarner l'idée du bilinguisme officiel, pour la faire vivre en permanence sur les tribunes. Pour lui donner la cohérence capable d'abattre les murailles.

Jusqu'à maintenant, les Franco-Ontariens ont trouvé l'unité dans l'adversité. Montfort, en 1997. La fromagerie Saint-Albert, en 2013. Comme s'il fallait toujours une menace pour les réunir. Peut-être parce que, comme le remarquait avec justesse M. Mattard-Michaud, l'humain réagit plus qu'il n'agit.

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