Maxime Pedneaud-Jobin, le joueur d'échecs

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Que retient-on de l'an un de Maxime Pedneaud-Jobin à la mairie de Gatineau?

Si l'on se fie aux manchettes, il y a eu la saga du 79, chemin Fraser, les ratés du Rapibus, un nouveau recul dans le dossier Guertin... Bref, on a l'impression que ça a roulé plutôt cahin-caha à la Maison du citoyen.

En entrevue éditoriale au Droit, le nouveau maire trace un tout autre bilan de sa première année qu'il dit avoir passé à recadrer, à sa manière, la façon dont les décisions se prennent à l'hôtel de ville. Pour ceux qui connaissent MPJ, c'est tout à fait dans son style.

Si l'on se fie à son parcours passé, M. Pedneaud-Jobin n'a jamais été du genre à casser la baraque. Il a plutôt la mentalité d'un joueur d'échecs. Avant de lancer son attaque sur le roi adverse, il prend le temps de placer ses pions et de sortir ses pièces. De manière à ce que lorsqu'il lance le rouleau compresseur, l'attaque finale écrase tout sur son passage.

C'est ce gars-là que j'ai reconnu en entrevue éditoriale. Le politicien méthodique qui suit son plan de match à la lettre, sans se laisser distraire par les critiques. Et qui grâce à son flair pour sentir l'opinion publique, sait se tirer d'affaire quand une crise inattendue trouble l'actualité.

Ses détracteurs riaient de lui à l'époque où il tentait de créer un parti politique municipal à Gatineau. On ne croyait pas en ses chances de réussite dans un Québec ébranlé par des scandales de corruption. Sans se laisser distraire, MPJ a continué d'organiser ses rassemblements politiques et a fini par faire mentir ses adversaires.

Cette façon qu'il a eue de s'en tenir à un plan de match cohérent et de penser plusieurs coups à l'avance a contribué à sa victoire contre Marc Bureau aux élections du 3 novembre 2013.

***

J'ai l'impression que MPJ a repris la même recette depuis son accession à la mairie. Encore une fois, il prend le temps de déployer ses pièces avant de démarrer la partie.

Une fois à la mairie, il a apporté des changements à la direction générale, en plus de prendre les rênes de la Société de transport de l'Outaouais, où il jugeait qu'un grand ménage s'imposait. Il a aussi renforcé ses liens avec les ambassades et la Ville d'Ottawa. Il a convaincu le conseil municipal, où son parti est minoritaire, d'adopter un plan d'action commun pour les quatre prochaines années. On a dit que le document en question est un ramassis de phrases creuses. Mais habile comme il est, MPJ pourrait bien trouver le moyen d'en tirer parti à son avantage.

Bref, le maire a planté des graines ici et là, livrant bataille quand il était sûr de gagner, et remettant à plus tard les combats incertains.

C'est vrai, son bilan nous laisse sur notre faim. Pour l'instant.

M. Pedneaud-Jobin avait promis de changer un tas de choses: faire fonctionner le Rapibus, redonner vie au ruisseau de la Brasserie, faire le ménage à la STO, renforcer les liens avec Ottawa, donner une voix forte à Gatineau...

Jusqu'ici, les réformes promises par Maxime Pedneaud-Jobin se font attendre. À une exception près: il a enclenché rapidement sa refonte du service d'urbanisme, pressé qu'il était par la saga du 79, chemin Fraser. À sa décharge, le genre de réformes qu'il envisage met du temps à implanter.

La véritable partie d'échecs débutera dans quelques semaines lors de la préparation du budget 2015. C'est là que les choses vont se corser pour le maire. Il a promis de limiter les hausses de taxes à moins de 3 % et il devra obtenir des concessions du conseil municipal pour réaliser ses promesses électorales.

La préparation du budget s'annonce une joyeuse partie de «tirage de couverte». Avec 490 millions de projets sur la table et un budget limité pour les réaliser, chaque élu voudra obtenir sa part.

L'avantage ira à ceux qui ont bien placé leurs pions. Que la partie commence...

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