Question sans réponse

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Ce palmarès des municipalités du Québec nous dit au moins une chose. À l'exception de Montréal et de Québec qui sont des cas à part, Gatineau est la grande ville la plus dépensière de la province.

En soi, c'est une information qui vaut son pesant d'or. Surtout à l'heure où le conseil municipal s'apprête à se lancer dans la préparation de son budget municipal pour l'année 2015. Entre les branches, on entend déjà parler d'augmentations de taxes assez salées.

Or Gatineau a haussé les taxes municipales presque sans interruption depuis la fusion, sans jamais y aller d'un effort résolu pour réduire ses dépenses. Certes, la ville a entrepris des démarches pour améliorer l'efficacité de l'appareil municipal. Avec des résultats encourageants d'ailleurs, notamment chez les cols bleus.

Mais jamais il n'a été question de mettre la hache dans les services aux citoyens. Encore moins de sabrer la masse salariale. Pourtant, les indicateurs démontrent que Gatineau a plus d'employés par 100 habitants que toutes les autres grandes villes comparables - exception faite de Sherbrooke et Montréal. Ce seul constat vaut qu'on se pose des questions.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a raison lorsqu'il dit que les indicateurs qui ont servi à établir le palmarès des municipalités ne disent pas tout. De fait, ils sont trop rudimentaires et incomplets pour tirer des conclusions définitives. Surtout, ils ne permettent pas réellement de comparer les villes entre elles.

Oui, Gatineau est plus dépensière que d'autres villes. Mais encore? Dépenser n'est pas un crime en soi, pourvu que les services rendus à la population soient à la hauteur des investissements. La vraie question, c'est de savoir si les contribuables en ont pour leur argent à Gatineau. Or c'est à cette question, importante entre toutes, que les indicateurs qui ont servi à dresser notre palmarès sont incapables de répondre.

La faute en revient au ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire (MAMOT).

C'est lui qui, depuis plusieurs années, exige par décret ministériel que les villes lui fournissent une foule d'indicateurs pour mesurer leur performance en matière de déneigement, de voirie, de gestion de la masse salariale et de bien d'autres choses encore.

L'objectif de départ était de recueillir des données pour comparer les performances des villes, de façon à ce que les maires puissent ensuite rendre des comptes auprès de leurs contribuables. Mais c'est comme si le MAMOT s'était arrêté à mi-chemin, sans terminer ce qu'il avait commencé.

Le ministère ne fait aucun effort pour valider les données et les rendre accessibles à la population. C'est dire, le HEC a dû faire des pieds et des mains pour obtenir les indicateurs de performances pour l'année 2012. Et ce sont les chercheurs universitaires, encore eux, qui ont dû traiter l'information pour la rendre digestible, un rôle qui devrait revenir au MAMOT.

C'est à croire que le ministère est de mèche avec les villes pour garder ces données opaques et empêcher les comparaisons!

En Ontario, les indicateurs de performance des villes sont facilement disponibles sur le site du ministère des Affaires municipales.

En cette ère où la collusion est sur toutes les lèvres, il serait pourtant plus utile que jamais de comparer entre elles les performances des villes du Québec. Les maires ont eux-mêmes réclamé des outils comparatifs dans la foulée des révélations de la commission Charbonneau.

En constatant qu'une ville paie davantage que les autres pour ses compteurs d'eau ou pour ses bornes d'incendie, il y a sûrement des questions, et de très bonnes, qui seraient posées aux élus.

En attendant que le MAMOT remplisse son rôle, ces questions, ce sont les journalistes qui les posent aux élus grâce au travail de débroussaillage effectué par le HEC.

C'est un peu le monde à l'envers, non?

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