Le secret des vendanges

Dans le champ, on entend le clic-clac des... (Courtoisie)

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Dans le champ, on entend le clic-clac des sécateurs et les chaudières de plastique qui s'entrechoquent. Pour le reste, c'est la nature, les oiseaux qui chantent, le vent qui souffle.

Courtoisie

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Je suis allé faire les vendanges cette semaine dans un vignoble de la Petite-Nation.

Pour être franc, je n'y allais pas tellement pour cueillir des raisins.

C'est beau l'exercice et l'air pur de la campagne... mais bon, dépouiller des vignes, ce n'est pas long qu'on a compris le principe.

Non, j'y allais plus pour la dégustation de vin ensuite. Et pour rencontrer du monde. Il y a plein de gens intéressants qui font les vendanges.

Remarquez, faut être à l'affût pour faire les vendanges au Québec. Les vignerons ne roulent pas sur l'or et sont heureux de pouvoir compter sur une main-d'oeuvre bénévole pour les aider à récolter les fruits de leur labeur.

En même temps, faire les vendanges est devenu une activité tellement prisée que les producteurs de vins ont peur de se retrouver avec plus de bénévoles qu'ils ne peuvent en gérer s'ils font de la publicité.

Alors le mot se passe le plus souvent de bouche à oreille. Et c'est le même groupe d'habitués qui revient, année après année, faire les vendanges chez un producteur donné.

Cette fois-ci, il a suffi d'un gazouillis sur Twitter de Tourisme Outaouais et d'une petite mention dans LeDroit.

Raymond Huneault s'est retrouvé, dans le temps de le dire, avec 60 bénévoles prêts à faire les vendanges dans son vignoble du Clos Baillie, au nord de Papineauville. «Vous m'avez paqueté la place avec votre article», m'a-t-il lancé en riant.

Finalement, c'est une quarantaine de bénévoles qui se sont présentés le matin même. Sans doute que la météo maussade et le froid en auront découragé quelques-uns. Tout ce beau monde s'est dirigé dans les champs, armés de sécateurs et de seaux de plastique.

Le vignoble de M. Huneault est tout petit, à peine 2000 ceps plantés dans un creux de terrain, au milieu des collines. L'été, il fait très chaud là-dedans, ce qui est bon pour la croissance des vignes. «Les fruits sont bien mûrs, prêts à être cueillis, vous allez voir!» a lancé M. Huneault.

Enseignant à l'école d'hôtellerie de Buckingham, Richard Timbro amène chaque année une quinzaine d'étudiants faire les vendanges au Clos Baillie. «C'est une belle expérience et c'est près de chez nous. Ça nous évite de nous déplacer dans la région de Niagara ou en Europe pour voir comment ça se fait», raconte-t-il.

Le reste du groupe est composé en majorité de retraités. Claire Legault et son mari étaient partis de Longueuil le matin même. Ces anciens résidents de Gatineau connaissent bien M. Huneault. Ce sont des habitués des vendanges.

«C'est une belle activité en plein air. En même temps, ça nous permet d'aider un monsieur qui essaie de survivre là-dedans. Ce n'est pas évident de cultiver des vignes dans un climat aussi rigoureux.»

***

On récolte les grappes de raisin par équipe de deux, un de chaque côté de la vigne. Les raisins sont bleus et tout petits. Des grappes se cachent près du sol, et il faut mettre le genou dans la terre boueuse pour les cueillir.

Dans le champ, on entend le clic-clac des sécateurs et les chaudières de plastique qui s'entrechoquent. Pour le reste, c'est la nature, les oiseaux qui chantent, le vent qui souffle. L'ambiance est détendue. Ça jase de voyage, de petits-enfants, de politique.

À la gang qu'on est, la récolte est terminée en quelques heures. On finit le travail sous la pluie, les doigts engourdis par le froid, le dos un peu endolori.

Au retour des champs, Raymond Huneault est posté sous une tente devant une caisse de bouteilles. Le liquide qu'on nous sert est froid, mais il est destiné à nous réchauffer.

J'en prends une gorgée. Du cidre. Assoiffé, j'en engloutis les deux tiers sans coup férir. La tête me tourne.

«Cou'donc, M. Huneault, c'est quoi le pourcentage d'alcool de cette affaire-là?

- C'est du 12%.»

Y'avait un petit lunch, du poulet et de la salade de macaroni. On a jasé sous les pruches, c'était l'fun. Mais je n'ai pas repris de vin. Fallait que je conduise jusqu'à Gatineau, alors...

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