Anderson a étouffé toute controverse

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La question ne méritait même pas d'être posée, mais en cette ère de débats dans les médias sociaux et traditionnels, elle l'a été quand même.

Dimanche soir, Craig Anderson a fourni une réponse sans équivoque à ceux qui se demandaient si les Sénateurs d'Ottawa ne seraient pas mieux de continuer avec Robin Lehner - excellent en relève lors du deuxième match à Pittsburgh - devant leur filet. Avec ses 49 arrêts dans le gain de 2-1 en double prolongation des siens, il a fermé le caquet aux quelques hurluberlus qui aimeraient lancer une controverse de gardiens avant le temps dans cet ancien cimetière de cerbères qu'est la capitale.

«Je n'avais aucun doute qu'il allait répondre à l'appel, et aucun doute qu'il ne serait pas devant le filet», a lancé l'entraîneur-chef Paul MacLean hier.

Les sceptiques ont été confondus dès les premiers instants de ce match mémorable au Coffre-fort, alors qu'Anderson a sorti la jambière pour arrêter Chris Kunitz. Et il a réservé certains de ses meilleurs arrêts aux deux vedettes des visiteurs, Sidney Crosby sur une échappée en début de deuxième et Evgeni Malkine lors de la première prolongation, sortant la jambière après qu'il «ait dansé autour d'une couple de gars», comme l'a si bien décrit Anderson hier.

Mais à travers tout ça, le facteur chance a également joué en sa faveur, avouait-il bien candidement. La «chance de la rondelle» (puck luck) était de son côté. C'est ce qui fait que Kunitz a raté le filet sur le retour de son arrêt contre Malkine, ou que Pascal Dupuis a frappé un poteau un peu plus tard.

«Votre coeur arrête pour une seconde, puis il repart. La rondelle n'est pas rentrée et vous devez récupérer», racontait Anderson quand il s'est fait demander quelle était la sensation d'entendre le disque frapper la quincaillerie.

«À la base, ce n'est même pas un tir au but, donc il n'est pas vraiment nécessaire de l'arrêter. Mais on ne veut pas vraiment prendre cette chance et se dire, 'Ah, le poteau va s'en occuper'«, a-t-il blagué.

Une citation qui rappelait celle de l'ancien Penguin Tom Barrasso quand il a brièvement porté les couleurs des Sénateurs en 2000, lors de la première Bataille de l'Ontario. «Vous voulez que j'arrête les tirs hors cibles aussi?», avait-il répondu quand le collègue François Gagnon, alors du Droit, lui avait posé une question sur les poteaux frappés par les Maple Leafs.

Depuis un peu plus de deux ans qu'il est à Ottawa, Anderson a montré un bien meilleur tempérament que Barrasso. Il utilise souvent des clichés - son préféré est «je cherche juste à donner une chance à mon équipe de gagner» - mais personne ne pourra dire qu'il n'est pas affable lors de ses rencontres avec les journalistes. Il est même un des rares gardiens de la ligue à parler aux médias le matin de ses départs.

«Ça doit être parce que je vous aime», a-t-il blagué hier alors qu'il était le seul à s'être rendu disponible, avec Jason Spezza, moins de 12 heures après la fin du marathon de dimanche soir.

Le chemin menant au sommet de son art n'a pas été facile pour Anderson, rappelons-le.

Repêché par les Flames de Calgary en 1999, ils ne l'ont pas mis sous contrat et il est retourné au repêchage en 2001, où les Blackhawks de Chicago l'ont sélectionné à sa sortie des rangs junior, avec le Storm de Guelph.

Utilisé à l'occasion lors de trois des quatre saisons suivantes, il a passé la majorité de son temps dans la Ligue américaine. Réclamé au ballottage par les Panthers de la Floride, il a d'abord joué à Rochester avant d'être l'adjoint de Tomas Vokoun pendant trois ans. Ce n'est qu'avec l'Avalanche du Colorado qu'il a pu s'imposer comme numéro un, et encore là, ça n'a pas duré, l'équipe l'échangeant aux Sénateurs contre Brian Elliott en mars 2011.

«La route a été cahoteuse. Le point qui a défini ma carrière est lorsque je suis passé au ballottage trois fois. Vous ne pouvez sombrer plus bas que ça, quand des clubs vous disent qu'ils ne vous veulent pas, ou qu'ils vous veulent, mais pour leur club des mineures. Puis vous êtes échangé... J'ai pris de la maturité et j'ai réalisé qu'il fallait que je change ma façon de faire un peu pour revenir dans la ligue et trouver un moyen d'avoir du succès», confiait-il hier.

Il est arrivé avec la réputation d'un gardien qui n'hésitait pas à blâmer ses coéquipiers quand leurs erreurs menaient à des buts à ses dépens. Il a certes changé et maintenant, il se contente de corriger les erreurs des autres, sans s'en faire avec le reste. Et il a cette capacité d'oublier les mauvais buts et les mauvaises performances, comme celle du deuxième match à Pittsburgh.

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