Quand elle est revenue dans la capitale nationale hier, flanquée de deux coéquipières de l'équipe nationale de soccer, Melissa Tancredi et Erin McLeod, la petite attaquante a été accueillie en héroïne dans le gymnase du centre communautaire des Cobras de Cumberland à Orléans.
Plusieurs jeunes joueuses de soccer, mais aussi plusieurs jeunes garçons ainsi que leurs parents, se sont déplacés en fin d'après-midi, malgré le «trou de la 174», afin de voir de près les trois médaillées de bronze des derniers Jeux olympiques de Londres. Du groupe, on comptait Matheson, l'auteure du dramatique but gagnant de la victoire de 1-0 contre la France à la dernière minute de jeu.
Un mois plus tard, dans le cadre d'une tournée organisée par leur commanditaire Adidas, les trois jeunes femmes racontaient qu'elles se rendent compte maintenant de l'impact qu'a eu au pays leur conquête de la première médaille canadienne dans un sport d'équipe traditionnel à des Jeux d'été depuis 1936.
«On savait (à Londres) que c'était gros, mais on ne savait pas à quel point c'était gigantesque. C'était incroyable l'accueil quand nous sommes arrivées à l'aéroport (à Toronto), tous les amateurs et les médias qui étaient là. C'est un peu fou. Nous sommes habituées que des petites filles de huit ans nous reconnaissent, mais là, il y a des hommes adultes qui viennent nous dire qu'on les a fait pleurer. C'est un peu différent pour nous», confiait Matheson avant d'aller montrer sa médaille à la foule d'environ 200 personnes rassemblée dans le gymnase.
Profitant de vacances à Crète, en Grèce, ainsi qu'en Floride après Londres, Tancredi a dû attendre un peu avant de constater tout l'impact que ce gain des Canadiennes, survenu après un revers crève-coeur contre les États-Unis en demi-finale, avait eu au pays.
«Pendant qu'on était dans la bulle olympique, comme je l'appelle, on n'avait aucune idée à quel point il y avait beaucoup de monde qui ont regardé nos matches. Des gens qui ne regardaient jamais le soccer d'habitude étaient rivés devant leur écran pour un match de 120 minutes. L'appui que nous avons eu de tous les Canadiens est incroyable, je suis arrivée plus tard et on en ressent encore des vagues maintenant», a dit la troisième meilleure compteuse - derrière la Canadienne Christine Sinclair et l'Américaine Abby Wambach - du tournoi olympique avec ses quatre buts en six parties.
Quand elle a marqué son «but de bronze» contre la France, Matheson se souvient surtout du sentiment de joie qu'elle a ressenti. «J'ai oublié sur le coup comment j'ai compté, j'ai donné une couple d'entrevues sur les lignes de côté où je l'ai mal décrit», a-t-elle raconté en répondant à une question de l'auditoire hier.
Ses coéquipières avaient aussi de bonnes histoires à raconter sur les émotions ressenties sur le terrain du Coventry Stadium. «J'avais été remplacée par une substitut une dizaine de minutes plus tôt et j'ai couru sur les lignes de côté avec notre gérante dans les bras», a relaté Tangredi, qui a encore sur le coeur la défaite de 4-3 en prolongation contre les Américaines. Le match avait été marqué par une décision douteuse de l'arbitre norvégienne Christina Pedersen sur le but égalisateur.
Quant à la gardienne McLeod, auteure du jeu blanc contre la France, elle se souvient «de m'être mise à pleurer à mon bout de terrain en pensant que parfois, tout le travail que vous réalisez peut finir par rapporter».
Pour Matheson, une partie de ce travail s'est effectué à Ottawa, une ville qu'elle n'a pas oubliée, elle qui était bien au courant que le Fury a remporté le championnat de la W-League cet été. Elle joue maintenant comme professionnelle avec une équipe de la Norvège.
«Tous les environnements où vous jouez aident à développer votre jeu et Ottawa avait été un excellent environnement pour moi, c'était un des premiers clubs 'pro/semi-pro' dont je faisais partie, où on jouait au soccer à plein temps. J'ai eu un entraîneur fantastique en Frank Lofranco, qui a eu un impact positif sur ma carrière. J'ai aussi joué avec plusieurs filles qui font partie de l'équipe (nationale) maintenant, donc j'ai beaucoup grandi en tant que joueuse à ce moment-là», a dit la menue jeune femme qui fait à peine 1 m 54 (5' 1/2'').
La Paul Henderson du soccer féminin canadien entend maintenant, comme ses deux coéquipières, poursuivre sa carrière pour un autre cycle de quatre ans menant aux Jeux olympiques de Rio, en passant par la Coupe du monde féminine de 2015 qui sera présentée en sol canadien, dont à Ottawa.
En vitesse
La saison de l'arrêt-court Christian Bisson, d'Orléans, a pris fin vendredi dernier alors que son Storm de Lake Elsinore a été éliminé en trois parties par les JetHawks de Lancaster, menés par leur premier frappeur Delino DeShields Jr.
Bisson, qui a frappé pour ,288 et volé 43 buts en saison régulière, n'a pas été en mesure de participer à cette série deux de trois, cependant, ayant été placé sur la liste des blessés pour sept jours en raison d'une blessure à une jambe.