Les commotions cérébrales, sujet inévitable

Les absents ont toujours tort, et à ce party de la fin de semaine du Match des étoiles à Ottawa, c'est particulièrement vrai pour Alexander Ovechkine.

Pat Lafontaine en connaît beaucoup sur les commotions.... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 1.0

Agrandir

Pat Lafontaine en connaît beaucoup sur les commotions. C'est ce problème qui a mis un terme à sa carrière. Claude Giroux et Steven Stamkos ont présenté un nouveau modèle de casque conçu spécifiquement pour protéger le cou des athlètes. Giroux a déjà commencé à le porter.

Patrick Woodbury, LeDroit

Mais l'espace de quelques heures hier matin, alors que la météo forçait la fermeture du canal Rideau et en interdisait l'accès aux patineurs, on a eu une pensée pour les vedettes de la LNH qui ont de bonnes raisons de rater ce rendez-vous, Sidney Crosby et Chris Pronger en... tête. Vous me pardonnerez ce jeu de mots alors que des commotions cérébrales mettent leurs carrières en danger.

Le lien était facile à faire alors qu'au Centre hospitalier pour enfants de l'est de l'Ontario, Pat LaFontaine était présent pour inaugurer une salle de jeux à la fine pointe de la technologie qui sera l'héritage de ce week-end.

Et une heure plus tard, Claude Giroux et Steven Stamkos participaient au lancement d'un nouveau casque protecteur mis au point par leur fournisseur d'équipement, Bauer.

Bien avant l'épidémie qui frappe la LNH de nos jours, LaFontaine a été obligé de mettre prématurément un terme à sa carrière en 1999 après 15 saisons dans la LNH avec les Islanders, les Sabres et les Rangers.

« J'ai eu sept commotions documentées, mais j'en ai probablement eu plus de 10, car je ne compte pas les dings, ces occasions où j'ai vu des étoiles et qui étaient probablement des commotions, car on ne savait pas ce que c'était. Mais maintenant, il y a une meilleure prise de conscience », a-t-il raconté après l'inauguration de la salle parrainée par son organisme caritatif, Companions in Courage.

Deux fois, il a été au rancart pour plus de six mois, s'est-il souvenu.

Sa dernière commotion est survenue lors d'un match contre les Sénateurs, le 16 mars 1998, alors qu'il est entré en collision avec son coéquipier Mike Keane, un peu comme c'est arrivé à Crosby.

Par l'entremise de Mario Lemieux, LaFontaine a offert son appui à Crosby.

« Je parle souvent à des joueurs qui passent par là, car ce n'est pas évident de ne pas avoir toutes ses fonctions cognitives pendant de longues périodes. Tu es déprimé et tu te demandes ce qui se passe. J'ai justement parlé à Daniel Brière (qui a été sonné par Anton Volchenkov la semaine dernière) récemment à ce sujet », a-t-il confié.

« L'épidémie actuelle m'inquiète, c'est certain. Je pense que ce que Brendan Shanahan et la ligue font pour déterminer les coups qui sont alloués ou non est très bon, mais ça demeure un problème. Mais nous devons encore protéger la tête et le cou, car les forces sont plus grandes vu que les joueurs sont plus rapides et plus gros. Parce que les forces sont plus grandes, les dommages le sont aussi. On voit que l'effet cumulatif est énorme. Il faut explorer la grandeur des patinoires, par exemple. Dans mon temps, il y avait des gars de 6' et 190 livres avec des coussins (comme équipement), maintenant ils font 6' 4" et 240 livres avec des armures », a poursuivi LaFontaine.

Un nouveau casque

Ce qui nous amène à parler de ce nouveau casque mis au point par Bauer.

Baptisé le « RE-AKT », il réduirait de 17 % l'impact sur le cerveau lors d'un coup. Il sera sur le marché en mai au coût de 219 $ et 249 $ avec grille ou visière. Déjà, plusieurs joueurs de la LNH en font l'essai.

Giroux, qui a raté quatre parties en raison d'une commotion en décembre dernier, l'a porté lors de ses trois dernières rencontres.

« J'ai eu deux commotions et je commence à prendre les moyens pour que ça ne se reproduise pas trop souvent, a-t-il dit. Avec ce casque-là, je me sens plus protégé et confortable aussi... Il y a un lock à la hauteur du cou, ce qui fait qu'il bouge moins sur la tête quand il y a un impact », ajoute-t-il.

Les hockeyeurs étant des êtres d'habitudes, ils sont souvent lents à adopter de nouvelles pièces d'équipement destinées à mieux les protéger. Ils sont plus rapides à sacrifier la sécurité pour le confort.

Mais Giroux pense que cette mentalité est en train de changer .

« Juste dans chez les Flyers, nous avons déjà sept gars qui ont eu des commotions cette saison. Les joueurs commencent à comprendre qu'il faut faire plus attention alors qu'on voit que plusieurs joueurs ont vu leur carrière prendre fin à cause des commotions. On réalise aussi qu'il faut être à 100 % quand on revient. Regardes Crosby, c'est certainement difficile pour lui. J'ai manqué quatre parties et j'avais tellement hâte de revenir au jeu », a-t-il noté.

Lafontaine s'inquiète

Plus informé à ce sujet que l'amateur moyen, Pat LaFontaine n'a pas peur de dire qu'il s'inquiète pour le numéro 87 des Penguins. Crosby dominait son sport avant sa collision avec David Steckel lors de la Classique hivernale de l'an passé. Et il n'y a pas juste pour lui.

« Sachant ce que je sais... C'est une épidémie sérieuse, le problème ne s'en va pas. Les forces sont là et la tête et le cou ne peuvent y résister. Nous devons continuer à appliquer les règlements appropriés pour protéger la tête et le cou. J'ai eu ma première commotion à 26 ans, plusieurs jeunes joueurs arrivent dans la ligue et ils en ont déjà eu une ou deux. Ils sont donc plus à risque que je l'étais. On doit donc continuer à éduquer et à changer les règlements pour assurer la santé et la qualité de vie de nos joueurs à long terme », a-t-il terminé.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer