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Selon Jennifer
Depuis que nous sommes rentrés, il est plus facile pour moi de réfléchir sur notre année, les gens que nous avons rencontrés et les défis d'hier qui, aujourd'hui, nous font rire. On nous demande souvent : « Est-ce que ça change une personne de voyager comme ça ? » Hum Je reste relativement la même personne, mais ma façon de voir les choses a changé. Les idées folles me semblent plus accessibles. Peut-être aussi suis-je plus opinée qu'avant. (« Oh non ! », diront mes proches). J'ai trouvé parfois difficile d'expliquer avec des exemples concrets ce que c'est d'être Canadien, étant donné l'importance du multiculturalisme et la perception un peu trop simpliste que les gens ont du Canada : c'est grand, il fait froid, il y a une partie française et une partie anglaise. Nous n'avons pas vraiment de bouffe iconique, telles la baguette française ou la soupe pho vietnamienne. (Peut-être la queue de castor et la poutine, mais essayez d'expliquer ça !) C'est ce multiculturalisme qui nous distingue comme peuple acceptant, patient et curieux. C'est vrai que nous nous faisions dépasser en ligne par des gens trop pressés et on aurait cru avoir des étiquettes « gentils Canadiens qui ne diront rien » étampées sur le front ! Ça peut être frustrant, mais je dois avouer que notre nationalité nous a valu plus d'un accueil chaleureux, et ce, partout où nous sommes allés. Nos paysages majestueux, notre stabilité politique et notre qualité de vie font l'envie de plusieurs. J'ai toujours été fière d'être Canadienne, mais aujourd'hui, je comprends notre unicité.
Sur le plan personnel, après un an de vie et de travail collaboratif 24 h par jour, 7 jours par semaine, Mat reste l'amour de ma vie. Notre voyage sera un coffre à trésors dans lequel nous pourrons encore fouiller quand nous aurons 85 ans.
Selon Mathieu
La question revient souvent : « T'es heureux d'être revenu ? » Bien sûr ! Notre voyage d'un an n'était surtout pas une évasion. Au contraire, nous étions très heureux chez nous, avant notre départ, avec nos amis, notre famille et nos boulots. C'est plutôt le goût de l'aventure et de la découverte, ainsi que la volonté d'apprendre au sujet d'autres cultures, qui nous ont convaincus d'entreprendre ce voyage, le tour du monde, ou presque, pendant un an.
Et nous en avons eu pour notre argent. Nous avons profité et savouré chaque moment jusqu'à la toute fin, sans trop nous préoccuper de ce qui nous attendrait une fois de retour à la « vraie vie ». Chez nous, maintenant, dans notre petit patelin d'Ottawa-Sud, nous combattons notre nostalgie en admirant la beauté automnale de notre région. Nous prenons de longues marches pour nous changer les idées, question de prendre une pause avant de nous attaquer à une tâche banale, mais essentielle : défaire nos boîtes.
Nous nous réjouissons du fait que notre capitale, bien qu'elle croît rapidement, demeure une ville avec un fort sentiment de communauté. En prenant une marche, lundi, nous nous sommes arrêtés pour jaser avec le sympathique et très accessible maire, Jim Watson, assis tout bonnement sur une terrasse d'un café avec un employé. Après une minute de conversation, nous avons même réalisé que l'employé en question serait au même mariage que nous, dans deux semaines Le monde est petit !
Ai-je changé ? Je me sens comme si beaucoup d'idées ont été semées dans mon esprit, consciemment et inconsciemment, et que lentement, mais assurément, celles-ci évolueront tout au long de ma vie, comme un fruit qui mûrit. Avec une phrase aussi profonde que cette dernière, certains diront que le bon vieux Mat n'aurait pas été si philosophe que ça !
Merci
Merci à vous, tous ceux et celles qui ont suivi notre périple par l'entremise de nos articles et de notre blogue depuis septembre 2011. Nous espérons vous avoir fait découvrir de nouveaux coins de pays. Plus que tout, nous espérons vous avoir inspiré à dépasser les limites du confort et de croire en vos projets. À l'équipe du quotidien LeDroit, un merci très sincère pour la confiance qu'elle nous a accordée tout au long de notre périple.
Et pour la suite ?
Après 23 pays, 130 villes, 60 quelques vols, 17 trains, 5 voitures, 4 scooters, 1 4x4, une douzaine de vélos, 1 mule, trois chevaux et 2 dromadaires, il est temps de reprendre le volant de notre petite Ford Focus. Nous devons encore songer aux projets à venir : la publication de livres, les expositions de photos, etc. Mais, tout d'abord, nous mettrons une priorité à la recherche de nouveaux boulots. Chose certaine, nous envisagerons un autre projet de longue haleine dans un avenir rapproché.
Invitations pour nos lecteurs
Si vous voulez venir discuter avec nous. Nous serons au café Bridgehead, 109 rue Bank (au coin Albert), demain, de 17h à 21h. Aussi, vous pouvez vous rendre au MIFO, au 6600 rue Carrière, le jeudi 8 novembre à compter de 19 h, pour le vernissage de l'exposition de Jen qui commentera notre périple autour du monde.
Pour des questions et commentaires, vous pouvez nous joindre à matnjenm@gmail.com