De la vague orange, à une marée rouge !

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La grande marée rouge est partie très tôt de Terre-Neuve hier, pour balayer toutes les provinces de l'Atlantique et se faire sentir jusque dans les hautes terres du Québec. L'Ontario et le reste du pays ont suivi. Décimé dans la foulée du scandale des commandites, le Parti libéral du Canada formera un gouvernement véritablement national comptant des députés dans toutes les régions du pays. Le Québec reprend la place qu'il a longtemps occupée au sein du pouvoir à Ottawa sous Pierre Trudeau, Brian Mulroney et Jean Chrétien. C'est un changement significatif: l'électorat québécois vient de faire savoir qu'il désire davantage, dans la capitale fédérale, que la simple défense des intérêts du Québec dans l'attente ou l'espoir du grand jour. Après avoir boudé le pouvoir pendant 20 ans en appuyant le Bloc québécois, les Québécois veulent à nouveau y participer.

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Les libéraux n'avaient rien à perdre le 2 août dernier, quand Stephen Harper a déclenché les élections. Ils occupaient la troisième place. Quand on n'a rien à perdre, on prend des risques. C'est ce qu'a fait Justin Trudeau, à la fin d'août, en annonçant qu'il reporterait l'équilibre budgétaire de trois ans afin de relancer l'économie.

Cet engagement n'a pas été la raison principale de la victoire libérale. Thomas Mulcair était en position de tête sur la ligne de départ, mais il a consacré trop de temps à dénigrer Stephen Harper au lieu de nous faire partager sa vision. Il n'a pas compris qu'une forte majorité de Canadiens avaient déjà décidé de se débarrasser des conservateurs. À l'inverse de Mulcair, Trudeau a mené une campagne porteuse d'espoir. L'image de jeunesse qu'il incarne a contribué à renforcer ce message.

On dit généralement que les gouvernements ne sont pas élus, qu'ils sont défaits. C'est vrai. L'usure du pouvoir avait déjà condamné le gouvernement Harper à la défaite avant même le déclenchement des élections. Les Canadiens voulaient du changement. Lorsqu'est arrivé le moment de choisir qui de Mulcair ou de Trudeau incarnait mieux le changement souhaité, ils se sont rangés derrière Trudeau parce que ce dernier a consacré plus de temps à leur parler d'avenir, qu'à regarder vers le passé. Et aussi, parce que leurs attentes à l'endroit de Trudeau étaient peu élevées et qu'il s'est révélé meilleur au combat qu'on ne l'anticipait.

Un dernier point, tout aussi important: la longue campagne électorale devait avantager les conservateurs parce qu'ils avaient plus d'argent. Mais elle a donné plus de temps à Trudeau pour se faire connaître, et pour dissiper l'impression qu'il n'était que le fils de Pierre Elliott. Les comparaisons avec le père n'étaient plus un sujet de discussion pendant les derniers kilomètres de la campagne électorale.

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On a souvent dit que c'est l'Ontario qui déciderait du gagnant de ces élections. Mais c'est le Québec qui a fait la différence entre une minorité et la majorité, en accordant un appui massif aux libéraux. Ce genre d'appui avait fait les bonnes années des libéraux sous Pierre Trudeau, des conservateurs sous Brian Mulroney, du Bloc québécois sous Lucien Bouchard et Gilles Duceppe, ainsi que du NPD sous Jack Layton. Mais l'emballement des Québécois pour Layton ne lui a pas survécu. Encore une fois, les Québécois se sont regroupés derrière un parti et un chef. La différence, c'est qu'ils ont appuyé le vainqueur. C'est un changement historique qui commandera une sérieuse prise de conscience de la part de Justin Trudeau. Les attentes seront élevées.

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