Pas pressé de voter !

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Une chose semble certaine: si Stephen Harper est réélu à la tête d'un gouvernement minoritaire trop faible, il ne sera pas là très longtemps.

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Il demeure impossible, à 10 jours des élections, de prédire qui, de Stephen Harper, Thomas Mulcair ou Justin Trudeau, sera le prochain occupant du 24 Sussex à Ottawa.

Les variations dans les sondages et les faibles marges qui séparent les partis sont telles, qu'il serait téméraire de prendre des paris sur le sujet.

Mais ce qui est évident depuis maintenant plusieurs semaines, c'est que le NPD, qui était en tête en début de campagne, est en perte de vitesse. C'est une tendance lourde, et il est rare que de telles tendances nous induisent en erreur.

L'autre tendance lourde relevée par les maisons de sondage confirme une remontée des libéraux, tout particulièrement au Québec où ils se retrouvent au coude-à-coude avec le NPD. Cette remontée demeure insuffisante leur garantir le pouvoir, mais elle est suffisamment inquiétante pour que la nouvelle campagne de publicité des conservateurs cible dorénavant Justin Trudeau.

Stratégie évidente

La stratégie de Stephen Harper saute aux yeux: il veut éviter que les tenants du changement, qui avaient misé sur Thomas Mulcair, ne se déplacent chez les libéraux. Le risque est plus grand au Québec, parce que les racines du NPD y sont très jeunes. S'il fallait qu'une partie significative de la vague orange de 2011 passe au rouge et que Trudeau fasse d'autres gains en Ontario, Harper pourrait perdre le pouvoir ou se retrouver à la tête d'un gouvernement minoritaire trop faible pour gouverner.

L'appui donné cette semaine aux libéraux par le quotidien La Presse, à 12 jours du scrutin, n'est pas sans conséquences. Le Globe and Mail en a fait état jeudi, signalant qu'il s'agissait de la première prise de position éditoriale importante au pays. Un appui, a dit le Globe, venant d'un journal qui avait pris ses distances des libéraux au cours des campagnes électorales précédentes.

Vu de l'Ontario, le message est clair: le Québec pourrait retourner sa veste une fois de plus et revenir chez les libéraux. On l'a vu sous les leaderships de Pierre Trudeau, Brian Mulroney, Gilles Duceppe et Jack Layton, les Québécois francophones ont souvent le réflexe de se ranger massivement derrière un seul parti. Si la dernière semaine de campagne montre que Trudeau continue de faire des gains, le vote stratégique pourrait lui être favorable ici, et ailleurs au pays. L'entrée en scène de Gilles Duceppe dans cette campagne a laissé croire un moment que c'est le Bloc québécois qui pourrait profiter de la baisse des néo-démocrates. Mais les sondages de cette semaine n'annoncent pas un retour en force de la députation bloquiste à Ottawa.

Les jeux ne sont pas faits

Voilà donc où nous en sommes. Le vote par anticipation a commencé hier et il se poursuivra jusqu'à lundi.

Ceux qui y participeront ont déjà fait leur choix. Mais il reste 10 jours de campagne, le temps de plusieurs autres sondages dont certains cibleront sans doute les circonscriptions les plus volatiles. Les jeux ne sont donc pas faits.

Une chose semble certaine: si Stephen Harper est réélu à la tête d'un gouvernement minoritaire trop faible, il ne sera pas là très longtemps. Il passera la main à un successeur avant les élections suivantes qui pourraient survenir dans un délai maximal de 2 ans. Celui des deux, entre Trudeau et Mulcair, qui aura fait élire l'opposition officielle, aura donc une chance bien réelle de devenir le prochain premier ministre. Dans un tel contexte, le choix de l'opposition officielle prend une plus grande importance. À moins d'y être forcés par les événements, les indécis n'ont pas vraiment intérêt à aller voter par anticipation cet automne. S'il est une campagne électorale où le vote stratégique est important, c'est bien celle-là.

Dans les circonstances, il vaut mieux en savoir plus que moins. On nous a imposé une campagne de 79 jours, autant en profiter.

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