Tannés de la campagne électorale?

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Stephen Harper lancera une grande campagne publicitaire pour nous vanter les mérites du Partenariat transpacifique.

La Presse Canadienne

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C'est vrai qu'elle est bien longue cette campagne électorale. Mais sa durée comporte des avantages, dont celui de pouvoir tester les candidats et les partis politiques sur un plus grand nombre de sujets, et surtout beaucoup d'imprévus. Parce que c'est ça, l'exercice du pouvoir: prendre les bonnes décisions et poser les bons gestes sur des questions complexes et des situations très souvent imprévues.

La question du niqab nous en a donné un bon exemple, mais l'entente d'hier sur la Partenariat transpacifique en est un autre: comment réagir devant un tel accord qui comporte des avantages, mais qui fait courir des risques à nos agriculteurs et aux travailleurs de l'industrie automobile? Le traité n'est pas simple à comprendre, il porte à conséquence, et le danger en pleine campagne électorale est de tomber dans le piège d'un refus catégorique ou d'une acceptation sans nuances.

Hier, les partis se sont montrés prudents. Thomas Mulcair a déclaré qu'il n'acceptera jamais un accord qui menace les emplois de 20 000 familles canadiennes. Mais il n'a pas dit qu'il retirerait le Canada de cette entente, ce qui laisse entrevoir la possibilité d'une renégociation. Justin Trudeau s'est montré plus ouvert, mais il a promis plus de transparence dans l'application du traité.

À Québec, même le Parti québécois a dénoncé l'accord, mais il a fait valoir qu'il faudrait en voir les détails avant de pouvoir offrir une réaction informée.

Propagande partisane

Peu importe les commentaires à venir, cette entente de libre-échange fait dorénavant partie du débat électoral. Même si le sujet n'est pas sexy sauf pour les clientèles concernées comme les agriculteurs, vous pouvez compter sur le gouvernement Harper pour en faire un bel objet de «propagande» partisane. Brian Mulroney a gagné ses élections de 1988 avec le projet de traité de libre-échange nord-américain. Il avait alors l'accord de péquistes dont Bernard Landry qui a fait campagne en faveur du traité.

Stephen Harper n'aura pas un tel appui, mais il lancera une grande campagne publicitaire pour nous vanter les mérites du Partenariat transpacifique. Il sera d'autant plus heureux que cette question ramène l'économie au coeur des débats pendant les deux dernières semaines de la campagne électorale. Et qui plus est, le gouvernement Couillard a donné hier son appui à cette entente.

C'est du bonbon pour le gouvernement sortant.

L'économie, c'est le plan de match des conservateurs depuis le tout début, en parallèle avec la sécurité. Le niqab a fait revivre les questions de sécurité, le Partenariat transpacifique donne un nouvel élan aux questions économiques. On est bien loin des maladresses du gouvernement Harper pendant la crise des migrants. Et plus loin encore des scandales du Sénat...

Personne n'aurait cru ça possible en août, quand le procès de Mike Duffy a dirigé les caméras vers les manoeuvres de camouflage du bureau du premier ministre.

C'est vrai qu'elle est bien longue cette campagne électorale, et que les événements d'hier semblent favoriser Stephen Harper. Mais attention! Il reste deux semaines. C'est une éternité!

Les partis ont probablement conservé le plus gros de leurs budgets publicitaires pour cette fin de course. Si vous détestez la politique ou si vous avez déjà décidé pour qui voter, c'est le temps de vous cacher. Place à la publicité électorale: ça va faire du bruit.

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