«On a un plan...»

Depuis le début de la campagne, Justin Trudeau... (Christinne Muschi, La Presse Canadienne)

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Depuis le début de la campagne, Justin Trudeau promet «un plan» pour améliorer le sort des Canadiens.

Christinne Muschi, La Presse Canadienne

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Je ne suis plus capable entendre Justin Trudeau répéter qu'il a «un plan» pour améliorer le sort des Canadiens.

Thomas Mulcair aussi parle de son plan trop souvent, mais Trudeau en abuse. Il est normal de répéter le message en campagne électorale, mais encore faut-il que ce message fasse appel à l'intelligence. Or répéter qu'on a un plan ne veut rien dire et ça commande un acte de foi auquel tout électeur sérieux devrait se refuser.

Retour sur le débat de jeudi: plusieurs collègues chroniqueurs ont estimé que Mulcair l'avait emporté. J'ai écrit le contraire. Pas de problème, la chronique politique n'est pas une science exacte. Mais je persiste à dire que ce n'est pas en criant que l'on parvient à se faire entendre, et surtout à se faire aimer.

Le défi de Thomas Mulcair, au débat de jeudi, n'était pas de démolir Stephen Harper, puisque tous les sondages démontrent que les Québécois n'en veulent plus. Son défi était de gagner la sympathie, l'amitié et le respect de l'électorat francophone. Il a échoué parce qu'il a démontré une agressivité qui n'était pas nécessaire.

Comme m'a dit vendredi un collègue journaliste anglophone, ce qu'on a vu jeudi soir, c'est le vrai visage de Mulcair, l'Angry Tom, alors qu'il tente depuis le début de présenter le Smiling Tom.

Quant à la formule du débat, je me demander si les organisateurs ne devraient pas installer des feux verts, jaunes et rouges devant les chefs pour les forcer à respecter les limites de temps alloué.

Et tant qu'à faire, pourquoi pas une sirène pour les rappeler à l'ordre quand ils ne répondent pas aux questions?

Le chemin de croix

Il faut avoir la foi pour rester sur le champ de bataille quand les troupes désertent.

C'est ce qu'a dû se dire François Legault en apprenant que l'ancienne présidente de la Coalition avenir Québec, Dominique Anglade, se joignait aux libéraux parce qu'ils lui ont offert un poste de ministre.

On me raconte que c'était la colère, jeudi matin, au caucus de la CAQ quand les députés ont appris la nouvelle à la radio. Et que Dominique Anglade s'est confondue en excuses auprès de Legault, pour ne pas l'avoir prévenu auparavant.

Il a fallu calmer les députés et leur faire comprendre qu'on ne gagnerait rien en tapant sur elle.

À la place, la CAQ a fait valoir que cette affaire nuirait aux libéraux en démontrant que les gens se joignent au Parti libéral du Québec pour la limousine et non pour représenter leurs concitoyens.

C'est une ligne de presse correcte, mais il reste que la défection de Dominique Anglade est une station de plus dans le pénible chemin de croix de François Legault. On est bien loin du temps où il menait dans les sondages et où il voyait les gens frapper à sa porte pour obtenir une investiture caquiste.

Rien ne laissait présager que Mme Anglade irait au PLQ. Elle a rencontré François Legault au mois d'août à titre de présidente de Montréal International, elle se plaignait régulièrement du ministre Jacques Daoust, et elle avait été très critique du style de Gaétan Barrette lorsqu'il était à la CAQ.

Voilà qu'elle se retrouve dans leur camp...

Legault a été élégant. Mais la question soulevée par ce départ est la résilience du chef. Sera-t-il encore là aux prochaines élections? Et plus encore: la CAQ a-t-elle un avenir?

Au fond, l'avenir de ce parti tient principalement à celui de Pierre Karl Péladeau. S'il se heurte à un refus de l'électorat en 2018 à cause de la souveraineté, les querelles et les divisions au Parti québécois reprendront de plus belle. L'espoir de la CAQ serait alors de devenir la seule alternative au gouvernement Couillard en vue... des élections de 2022! C'est loin 2022: François Legault aura alors 65 ans.

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