Trop d'agressivité, et peu de réponses

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Thomas Mulcair a été trop agressif dès le départ à l'endroit de Stephen Harper, à un point tel que les deux hommes se sont engagés à deux reprises dans des duels oratoires cacophoniques où on n'entendait plus rien.

Adrian Wyld, La Presse Canadienne

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Gilbert Lavoie

Collaboration spéciale

Le Droit

S'il est vrai que la majorité des gens n'écoutent que la première demi-heure d'un débat des chefs, Thomas Mulcair a manqué une belle occasion jeudi soir d'offrir la prestance attendue d'un futur premier ministre.

Il a été trop agressif dès le départ à l'endroit de Stephen Harper, à un point tel que les deux hommes se sont engagés à deux reprises dans des duels oratoires cacophoniques où on n'entendait plus rien.

Autre constat pendant cette première partie du débat: sauf sur le niqab, les chefs ne répondaient pas aux questions posées. Ils se sont lancés à plusieurs reprises dans toutes les directions, sans respecter les rappels à l'ordre de la modératrice, Anne-Marie Dussault.

Contrairement aux débats de la dernière campagne fédérale, ce n'est pas Stephen Harper qui était la cible principale. Tout le monde lui a fait des reproches, mais c'est Mulcair qui a subi les attaques les plus dures. C'est donc un Mulcair irrité que l'on a vu jeudi soir, alors qu'il aurait eu intérêt à se présenter comme un rassembleur sympathique.

Tout à l'opposé, Justin Trudeau a conservé son calme et même le sourire pendant les échanges, offrant ainsi l'image d'une jeunesse confiante en l'avenir. Ce qui ne veut pas dire qu'il avait raison. J'ai sursauté pendant le débat sur l'abolition du Sénat et la réforme constitutionnelle, en l'entendant dire que ce n'est pas ce genre de discussion qui va créer des emplois. Il a oublié que c'est un autre Trudeau qui a lancé le pays dans l'impasse constitutionnelle que l'on vit depuis 35 ans. 

Gilles Duceppe a été efficace, comme d'habitude. Le chef du Bloc québécois a siégé tellement longtemps au Parlement canadien qu'il en est devenu la mémoire. Ce qui lui a permis de mettre ses adversaires en contradictions avec les positions prises par leur parti dans le passé, et surtout d'orienter le débat à sa faveur en lançant d'autres questions que celles posées par les animateurs. A-t-il gagné des votes jeudi soir? Ça dépendra si les autres en ont perdu, ce qui n'est pas évident.

Mulcair a été convaincant lorsqu'il a expliqué qu'il avait été «abasourdi» de voir le Sénat bloquer un projet de loi sur l'environnement, ce qui l'a convaincu de vouloir abolir cette institution. Il n'a pas été en mesure, toutefois, de nous convaincre qu'il serait capable d'abolir le Sénat sans lancer le pays dans de nouvelles négociations constitutionnelles.

Le niqab

On s'y attendait, et elle est venue très tôt dans le débat: la question du niqab.

Duceppe a habilement rappelé que l'Assemblée nationale et les maires des grandes villes du Québec avaient pris position pour le visage découvert dans les relations avec l'État, mais tout le monde est resté sur sa position. Élizabeth May a fait grand plaisir à Mulcair et Trudeau en déclarant que ce débat n'avait qu'une importance marginale, et qu'il n'apportait aucune solution aux questions économiques ou environnementales. Mal à l'aise dans ce dossier, Mulcair est passé à l'offensive en accusant Harper de cacher son bilan derrière le niqab.

Le niveau de décibels a grimpé de plusieurs crans et on n'entendait plus rien...

Les téléspectateurs sont restés sur leur appétit dans le dossier controversé du pipeline d'Énergie-Est. Mulcair et Trudeau ont promis tous les deux de développer nos ressources dans le respect des communautés et de l'environnement, mais sans plus. Trudeau a joué un vilain tour à Mulcair dans ce débat, en l'accusant d'avoir déjà proposé de vendre de l'eau aux États-Unis. Mulcair a nié, ce qui a fait dire à Trudeau: «On l'a sur vidéo.»

Un bon coup, mais trop tard dans la soirée pour faire mal.

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