Une autre UPAC

Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux,... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, a réagi avec prudence aux conclusions de la commission Robillard, mais a promis que les organisations pointées du doigt devront corriger le tir rapidement.

Le Soleil, Erick Labbé

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ll y a des constantes dans l'administration publique: quand les institutions ne donnent plus les résultats pour lesquels elles ont été mises sur pied, on en crée de nouvelles. Lorsque le gouvernement Charest, par exemple, s'est rendu compte que le Bureau fédéral de la concurrence, la GRC, la Sûreté du Québec et la police de Montréal avaient été incapables d'enrayer la collusion, la corruption et l'infiltration de la mafia dans le secteur public, il a créé l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Pourtant, on ne manquait pas de policiers au Québec, mais ils ne collaboraient pas. Ainsi, la GRC n'avait jamais transmis à la SQ ou à la police de Montréal ses nombreuses bandes vidéos montrant les échanges d'enveloppes au café Consenza, le quartier général du clan Rizzuto.

Hier, à Québec, la commission Robillard a dressé un portrait accablant de certaines activités de l'État québécois, dont la Société des alcools du Québec, Revenu Québec, l'aide au développement économique, et j'en passe. La solution suggérée: créer un mécanisme de révision permanente des programmes relevant du conseil du Trésor.

Pardonnez-moi un brin de scepticisme: une autre UPAC, mais pour s'occuper des fonctionnaires?

Des lacunes

Bon d'accord, c'est peut-être vrai que les lacunes notées par la commission Robillard sont dues au fait qu'on n'a jamais créé un mécanisme permanent de révision. C'est peut-être comme le poste du Vérificateur-général, créé pour taper sur les doigts des gestionnaires incompétents qui gaspillent les fonds publics. Alors je veux bien que l'on crée un mécanisme de révision pour s'assurer du maintien de l'efficience des institutions. Mais ce mécanisme ne sera utile que s'il est accompagné d'une volonté politique solide.

Or en général, c'est là que ça se gâte: les politiciens ont souvent les mains liées. Hier, la présidente de la commission Robillard a eu des mots très durs pour illustrer certaines lacunes dans l'administration gouvernementale. «Éparpillement incroyable» dans l'aide au développement économique, un nombre «aberrant» d'instances dans l'emploi et la formation.

«L'État québécois ne s'est pas remis en question... on a un problème global» a-t-elle déclaré, en ajoutant que si rien n'est fait, «dans cinq ans on vous parlera d'une autre révision des programmes».

Mme Robillard a noté au passage que le travail de son groupe constituait la «cinquième tentative» de faire une telle révision... C'est dire la difficulté de la chose.

Réactions

Le ministre Martin Coiteux a réagi prudemment sur les changements de structures ou de fonctionnement proposés. Mais il a promis que les organismes fautifs identifiés par la commission Robillard, devront corriger le tir «dans les prochains mois». Corriger le tir, dans le langage du ministre, ça veut dire ramener les dépenses d'administration ou de fonctionnement à un niveau acceptable par rapport à ce qui se fait ailleurs. Ironiquement, Revenu Québec et la Société des alcools ont réagi avant même d'entendre les commentaires du ministre.

M. Coiteux n'a pas apprécié. «Ce n'est pas normal... je leur demande de bien regarder les choses» a-t-il déclaré, en leur demandant de s'inspirer d'une «culture de l'humilité».

Que faut-il penser de tout ça? Le message est clair: les patrons de ces agences qui tiennent à leurs bonis de fin d'année et même à leur emploi, devront réduire les dépenses «dans les prochains mois», a promis le ministre.

Mais avant que le gouvernement ne se lance dans les changements de structures proposés par la Commission, il faudra des lunes. Parce qu'un gouvernement, c'est plus complexe qu'une PME, et ça devient très prudent, surtout pendant la deuxième moitié d'un mandat.

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