Stephen Harper dans un cul-de-sac

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Il existe une vieille règle chez les adjoints d'un chef de parti ou de gouvernement: quand c'est vous et non votre chef qui fait l'objet d'une controverse, le moment est venu de démissionner.

«When you become the story, it's time to quit» disent les anglophones.

Or c'est précisément la situation dans laquelle se retrouve le directeur de cabinet de Stephen Harper, Ray Novak, depuis mardi.

Contrairement à la version donnée par les conservateurs, Novak était au courant du paiement de 90 000 $ fait par son prédécesseur Nigel Wright à Mike Duffy pour étouffer le scandale au Sénat. C'est l'ancien avocat du premier ministre, Benjamin Perrin, qui l'a révélé aux enquêteurs de la GRC.

Refus de commenter

M. Harper a été questionné à nouveau sur le sujet hier matin: il a refusé de commenter, prétextant que l'affaire est devant les tribunaux.

Le chef conservateur est dans un cul-de-sac: Nigel Wright a démissionné à cause de cette affaire. Si Novak démissionne à son tour, il accrédite les informations selon lesquelles il était au courant du paiement, ce que Stephen Harper a toujours nié. S'il reste en poste, il donne des munitions à Thomas Mulcair et Justin Trudeau, et il prolonge le supplice de son chef qui est interrogé à tous les jours sur le sujet.

Que faire? Continuer comme si de rien n'était? Jean-Pierre Blackburn, l'ancien ministre conservateur nommé ambassadeur à l'UNESCO par Harper en 2011, a reconnu mercredi sur RDI que cette histoire a fait «dérailler» la campagne de son parti.

Déchiré

Stephen Harper doit être profondément déchiré sur le sujet. La situation est problématique sur le plan politique, mais elle l'est également sur le plan personnel. Novak est à ses cotés depuis toujours et il a même vécu à Stornoway, la résidence officielle du chef de l'opposition quand M. Harper a pris la direction du Parti conservateur. C'est dire les liens qui unissent les deux hommes.

Novak démissionnera sans hésiter si Harper le lui demande. Mais ce dernier ne le fera que s'il est convaincu qu'il n'a plus le choix. La question est donc de savoir s'il a le choix.

Les stratèges conservateurs peuvent miser sur le fait qu'il reste encore deux mois de campagne électorale et que l'affaire Duffy sera oubliée dans quelques semaines. Mais le procès de l'ancien sénateur n'est pas terminé et d'autres membres du bureau du premier ministre seront appelés à témoigner. Qui sait ce qui peut sortir de ces témoignages? Celui de Nigel Wright, un homme pourtant loyal à Stephen Harper, a démontré que le gouvernement ne contrôle plus ce qui se passe. Or tant et aussi longtemps que le procès Duffy ne sera pas terminé, les reporters qui suivent la caravane de M. Harper n'ont pas le choix que de l'interroger sur les révélations faites devant le tribunal.

La crise d'un militant qui a traité les journalistes de «tas de merde», mardi après la conférence de presse quotidienne du premier ministre, montre à quel point cette situation irrite les conservateurs. Ce n'est certainement pas ce que les stratèges du parti prévoyaient lorsqu'ils ont lancé le pays en campagne électorale.

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