Le vote stratégique de la FTQ et de la CSN

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Il n'y a pas mille façons d'expliquer pourquoi la FTQ et la CSN ont opté pour un vote stratégique aux élections fédérales cette année, au lieu d'appuyer le Bloc québécois. C'est une question d'argent. Si le gouvernement Harper est réélu le 19 octobre, le crédit d'impôt accordé aux fonds de travailleurs par le gouvernement fédéral sera totalement éliminé en 2017. Il a déjà été réduit de 15 à 10 % cette année, et il ne sera plus que de 5 % l'an prochain avant de disparaître. Ces coupes dans les crédits d'impôts menacent la pérennité du Fonds de solidarité de la FTQ et du Fondaction de la CSN.

Ces avantages fiscaux, uniques aux fonds de travailleurs, ont toujours été la raison principale pour laquelle des milliers de Québécois ont préféré ces véhicules de placement au REER conventionnel. Sans le crédit d'impôt, le rendement des fonds de travailleurs n'est plus aussi intéressant.

La décision du gouvernement Harper est d'autant plus inquiétante que les retraits des actionnaires sont appelés à augmenter considérablement au cours des années à venir à cause du vieillissement de la population. Chez Fondaction, par exemple, 54,5 % des actionnaires ont 50 ans et plus. Le défi est de hausser la participation des plus jeunes, afin de compenser les déboursés à venir pour les plus vieux qui prendront leur retraite. Sans le crédit d'impôt fédéral, cet exercice sera beaucoup plus difficile. Le défi est similaire au Fonds de solidarité de la FTQ, dont le nombre d'actionnaires est à la baisse depuis 2013.

À très long terme, c'est donc la survie même de ces fonds de travailleurs qui est en cause. Thomas Mulcair et Justin Trudeau ont promis de restaurer le crédit d'impôt s'ils prennent le pouvoir. Actuellement, les deux fonds ont plus de 700000 actionnaires. Si la FTQ et la CSN parviennent à convaincre ces actionnaires de battre les conservateurs aux élections, cela pourrait faire la différence dans certaines circonscriptions.

Gilles Duceppe dénonce également la coupe des conservateurs dans les crédits d'impôt. Son problème est que contrairement à Mulcair et Trudeau, il n'est pas en mesure de promettre qu'un gouvernement bloquiste restaurerait cet avantage fiscal.

DE PARIZEAU À PÉLADEAU

Outre le mariage aujourd'hui de Julie Snyder et de Pierre-Karl Péladeau, la nouvelle de la semaine au Parti québécois aura été la nomination de Pierre Duchesne au poste de directeur de cabinet du chef du PQ. Pourquoi lui accorder une telle importance? Parce qu'en plus d'avoir été journaliste à Radio-Canada, Duchesne est l'auteur de la biographie la plus complète qui soit de Jacques Parizeau. Trois briques de plus de 500 pages chacune. Une lecture passionnante. Imaginez un peu la matière qu'il aura à se mettre sous la dent, dans quelques années, s'il décide de publier un ouvrage sur les années de PKP à la tête du PQ.

Le directeur de cabinet d'un chef politique voit tout passer : les bons et les moins bons moments. Dans un cas comme dans l'autre, Duchesne aura des choses à raconter. Si Péladeau devient premier ministre et qui sait, peut-être même président d'un Québec souverain, son chef de cabinet sera le mieux placé pour nous en faire une narration passionnante. Par contre, si Péladeau échoue et que la bisbille éclate chez les péquistes, comme c'est souvent le cas, c'est Duchesne et son directeur des communications qui seront les premiers blâmés. Dans un tel cas, Duchesne aura également matière à une excellente publication, et qui sait, une belle occasion de régler ses comptes...

On n'est jamais trop prudent. À sa place, je conserverais soigneusement toutes mes notes.

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