Souveraineté et Sénat s'invitent au débat

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Le sujet du Sénat a tourné un peu dans le vide pour ceux qui attendaient des solutions.

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Il est surprenant que la souveraineté et le Sénat, deux sujets où les politiciens ont les mains liées, aient tenu autant d'espace dans le débat de jeudi soir, alors que c'est l'économie et l'environnement qui préoccupent le plus l'électorat.

C'est Justin Trudeau qui a lancé le débat sur la souveraineté, en accusant Thomas Mulcair de ne pas tenir le même discours au Québec et ailleurs au pays sur la question nationale. Il a pris prétexte de la position du NPD, adoptée sous Jack Layton, qui va à l'encontre de la Loi sur la clarté référendaire. Cette loi, entérinée par la Cour suprême, stipule qu'une majorité simple de 50% plus un ne suffirait pas à briser le pays. Selon Trudeau, Mulcair se range du côté des souverainistes sur ce point.

Mulcair, du côté des souverainistes? Pincez-moi, quelqu'un! Il n'y a pas plus fédéraliste et antipéquiste que cet ancien ministre de Jean Charest qui a déjà représenté Alliance-Québec, un groupe de défense des droits des anglophones. L'accusation de Trudeau n'aura aucun effet au Québec, du moins chez les francophones. Mais elle en aura peut-être ailleurs au Canada, si on commence à faire de la démagogie sur le sujet. Justin Trudeau a beau se ranger derrière l'opinion de la Cour suprême, il n'en demeure pas moins que le fédéral ne pourrait ignorer un vote de 50% plus un en faveur de la souveraineté. Ce serait une crise majeure.

Mais nous n'en sommes pas là. Il faudrait une remontée spectaculaire du Bloc québécois aux élections et une percée importante du PQ dans les sondages pour qu'il vaille la peine d'en discuter sérieusement.

Le sénat comme enjeu

L'autre sujet sur lequel les chefs ont discouru longuement sans offrir de solution crédible est celui du Sénat. Mulcair propose son abolition et laisse planer la possibilité d'une entente sur le sujet, alors que le Québec s'y oppose. Le chef du NPD sait très bien qu'une telle proposition exigerait une réforme de la constitution, donc une reprise des négociations constitutionnelles auxquelles toutes les provinces arriveraient avec leur panier d'épicerie.

Quant à Justin Trudeau, il m'a fait sourire en tentant de se laver les mains du dossier du Sénat parce qu'il aurait exclu les sénateurs libéraux de son caucus. Présents ou non à ce caucus, les sénateurs libéraux sont toujours aussi colorés et engagés politiquement qu'ils l'étaient auparavant.

Elizabeth May m'a également fait sourire en proposant une modification de la formule d'amendement de la constitution adoptée sous Pierre Elliott Trudeau. Je caricature, mais ce serait aussi difficile que d'arrêter l'émission de gaz à effet de serre sur la planète!

Stephen Harper n'a pas brillé non plus sur la question du Sénat. Il s'en est lavé les mains en reconnaissant qu'il est responsable de la nomination des sénateurs, mais en ajoutant qu'il n'a rien à voir avec leur utilisation abusive des deniers publics. Quant à l'existence même du Sénat, il passe le fardeau aux premiers ministres des provinces, avec lesquels il refuse pourtant de s'entretenir collectivement.

Bref, cette partie du débat de jeudi soir a tourné un peu dans le vide pour ceux qui attendent des solutions de la part de leur gouvernement. Comme disait Philippe Couillard aux dernières élections, parlons donc «des vraies affaires».

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