Le défi des chefs ce soir

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Le premier débat de la campagne électorale fédérale se tiendra ce soir, à compter de 20h. Ce sera le premier, mais peu de gens le verront au Québec parce qu'il est organisé par le magazine Maclean's, qu'il se tiendra à Toronto, qu'il ne sera pas diffusé sur les grands réseaux de télévision, que Gilles Duceppe n'a pas été invité, et qu'il se fera en anglais seulement. Mais les mordus de la politique pourront le voir sur Internet. Une petite visite sur le site du magazine vous proposera différentes avenues.

Ce débat demeure néanmoins très important: ce sera le premier test de la capacité des chefs de débattre, de recevoir des coups et de riposter, et surtout de nous convaincre du sérieux de leurs programmes respectifs.

Harper, Mulcair et Trudeau, les trois seuls prétendants véritables au poste de premier ministre, devront donc se démarquer, même s'ils sont encore ou presque, sur la ligne de départ. Leurs défis respectifs sont très différents.

Stephen Harper: après 10 ans de pouvoir, le chef conservateur doit convaincre les Canadiens de lui en accorder 14! C'est long pour un premier ministre dont la cote d'amour n'a jamais été très forte. Comme le Canada semble se diriger vers une récession et que le terrorisme international n'est pas une cause de grand stress collectif au pays, M. Harper ne pourra pas jouer très longtemps sur la peur et la crainte du changement évoquées la journée du déclenchement des élections. Son défi est justement d'offrir de nouvelles propositions aux Canadiens sous son leadership, de démontrer sa capacité d'être porteur du changement souhaité par l'électorat.

Thomas Mulcair: l'électorat ontarien, qui pèsera le plus lourd aux élections fédérales, est resté traumatisé par la mauvaise gestion des finances publiques sous le gouvernement provincial néo-démocrate de Bob Rae de 1990 à 1995. Le défi de Mulcair est de démontrer qu'un gouvernement néo-démocrate au niveau fédéral ne mettrait pas les finances publiques en danger, qu'il n'est pas à la solde des syndicats, et qu'il serait compétent au chapitre économique. Il doit être perçu comme la seule alternative crédible au gouvernement actuel, le seul véritable moteur de changement, un changement responsable.

Justin Trudeau: son grand défi, dès ce soir, est d'être à la hauteur des deux autres. Il doit nous convaincre qu'il sera un adversaire aussi coriace que Stephen Harper et Thomas Mulcair qui ont déjà fait leurs preuves sur le terrain des campagnes électorales. M. Trudeau doit afficher la même combativité et la même audace démontrées lorsqu'il a accepté d'affronter l'ex-sénateur Patrick Brazeau à la boxe en 2012. Il avait alors gagné son combat en épuisant son adversaire qui avait pourtant l'air beaucoup plus fort que lui. Justin Trudeau descend «dans la fosse aux lions», pour paraphraser Jean Chrétien dans sa biographie. Son image de gentil garçon qui veut aider la classe moyenne ne sera crédible que s'il est capable d'utiliser les gants de boxe (au figuré...) pour la défendre.

UNE CAMPAGNE SALE

Cette campagne électorale sera très dure. Le ton de la campagne publicitaire du NPD ne laisse planer aucun doute sur la stratégie de Thomas Mulcair. Il compte frapper aussi fort qu'il le faisait contre le PQ lorsqu'il était à l'Assemblée nationale du Québec, un comportement qui l'a mené jusque devant les tribunaux contre Yves Duhaime, qu'il avait traité de «vieille guidoune». Stephen Harper fera de même: il traite déjà Justin Trudeau comme un enfant d'école, et il accuse les élus du NPD d'incompétence crasse. Le débat de ce soir ne sera pas un échange de coups de mouchoirs.

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