Campagne prolongée? Bof!

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Les conservateurs veulent en découdre tout de suite avec leurs adversaires? En plein milieu de l'été? Bof! Le début de cette campagne électorale n'intéressera personne sauf les partisans, les journalistes... et encore!

La politique, c'est mon gagne-pain. Mais je vous avoue que je n'ai pas accordé beaucoup d'attention aux bonbons que Stephen Harper et ses ministres ont distribué au pays au cours des dernières semaines.

La politique en plein milieu de l'été, c'est un affront aux honnêtes citoyens qui ont trimé dur toute l'année, qui ont gelé tout l'hiver, et qui tentent de se refaire des forces pendant les rares journées de chaleur. Alors si vous craignez que ces bonnes gens ne s'enthousiasment à la vue des Denis Lebel et des Steven Blaney qui distribuent des subventions et des contrats à même nos impôts, rassurez-vous. Ce n'est pas ce petit jeu qui fera une différence le jour du scrutin.

Une campagne électorale, c'est dans les derniers milles que ça se joue, et c'est le comportement des leaders qui fait la différence.

Personne n'avait prévu que le NPD formerait l'opposition officielle et ferait une telle percée au Québec aux dernières élections. Mais les Québécois ont eu un coup de coeur pour Jack Layton et ils ont abandonné Gilles Duceppe parce qu'il leur offrait la même recette depuis trop longtemps.

Aux dernières élections québécoises, tout le monde vouait François Legault et la CAQ à la disparition. Legault a tellement fait bonne impression aux débats des chefs, qu'il a fait élire presqu'autant de députés que le PQ. Alors, on se calme un peu avant de prédire qu'une campagne de près de 80 jours avantagera les conservateurs.

Bien sûr que Stephen Harper veut une campagne prolongée afin de hausser le plafond des dépenses autorisées. Bien sûr que ça risque de désavantager les partis d'opposition moins fortunés. Et c'est vrai que ça augmentera le coût de ces élections pour les contribuables.

Mais Harper et ses ministres sont déjà en campagne électorale à nos frais depuis des semaines, à patrouiller le pays pour distribuer des bonbons. Ils n'ont pas à inclure ces dépenses dans leur budget de campagne. Alors qu'à partir de lundi, s'il y a bel et bien un déclenchement, tous les frais devront être imputés à la campagne électorale.

Les conservateurs sont riches et ils nous en mettront plein la vue. Mais après une décennie au pouvoir, ils se sont aliénés bien des gens. La sortie surprenante du gouvernement ontarien jeudi est le dernier cas d'espèce, mais ces cas sont tellement nombreux qu'il est impossible d'en faire la liste. Vous pensez, par exemple, que les syndicats québécois vont être gentils envers ce gouvernement qui veut sabrer dans les crédits d'impôts accordés aux fonds de travailleurs? Vous pensez que les électeurs des Maritimes ont oublié les coupes en assurance-emploi?

Certainement pas.

Ce gouvernement n'est pas battu, mais je ne prendrais pas de pari maintenant sur sa réélection. À deux semaines du scrutin, ce sera différent.

Si Harper forme un autre gouvernement majoritaire, c'est que les gens n'auront pas trouvé d'alternative crédible chez ses adversaires. Mais ce qui serait fou, c'est qu'il gagne par défaut, à cause de la division des votes chez les partis d'opposition. À un moment donné, il faudrait bien se brancher: si on veut encore des conservateurs, ainsi soit-il. Mais si on n'en veut plus, il serait sage de ne pas s'éparpiller entre Mulcair, Trudeau... et Duceppe au Québec.

Dans ce dernier cas, ce serait vraiment la cerise sur le sundae.

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