Des femmes plus autonomes

Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles dans la vie. Mais les bonnes font... (PHOTO SARAH MONGEAU-BIRKETT, ARCHIVES LA PRESSE)

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Il n'y a pas que des mauvaises nouvelles dans la vie. Mais les bonnes font rarement les manchettes. En voici une, passée inaperçue, dans le tumulte qui a marqué les derniers jours de session de l'Assemblée nationale.

Selon une étude de l'Institut de la statistique, le Québec a atteint en 2011 la parité femmes-hommes au chapitre de la participation à des programmes de pension agréés (RPA).

Cette évolution illustre la place prise par les femmes dans le marché du travail depuis les années 1970, mais surtout l'autonomie financière qu'elles se sont assurées pour l'avenir en occupant un travail à l'extérieur du foyer.

Pas moins de 769 587 Québécoises détenaient un régime de pension en 2011, comparativement à 777 660 chez les hommes. C'est un changement considérable par rapport à 1977. Seulement 347 977 femmes avaient alors un régime, deux fois moins que les hommes. Près de 45% des travailleuses québécoises avaient accès à un tel régime en 2011.

Pourquoi une telle progression? Signalons d'abord qu'elle se constate partout au Canada. Au Québec, elle s'explique par une participation fortement majoritaire et plus importante qu'ailleurs des femmes dans les domaines liés à l'enseignement, la santé, l'assistance sociale et l'administration publique. En fait, plus de sept femmes sur 10 occupent des emplois dans ces secteurs.

Les hommes sont majoritaires dans la quasi-totalité des autres domaines d'activités qui relèvent principalement du secteur privé. Cette différence notable dans les emplois occupés fait que la proportion des hommes bénéficiant d'un régime de pension agréé a connu des ratés pendant les périodes de ralentissement économiques, alors que celle des femmes travaillant surtout dans le domaine public, a continué de progresser.

En termes absolus, le nombre de travailleurs contribuant à un RPA a augmenté de 430 000 entre 1977 et 2011, mais cette hausse est principalement attribuable aux femmes.

La Conclusion?

L'Institut de la statistique ne tire pas de conclusion sur les conséquences sociales de ces changements. Mais il est clair que les femmes bénéficiant d'un régime de pension seront beaucoup plus autonomes et indépendantes que leurs mères ne l'étaient, lorsqu'elles prendront leur retraite.

L'égalité hommes-femmes a beau être un principe sacré garanti par nos chartes des droits, elle ne règle rien si les femmes n'ont pas l'autonomie et l'indépendance financière requises pour décider de leur vie. Leur arrivée massive sur le marché du travail et les lois sur l'équité salariale ont amélioré leur sort et rétabli un meilleur équilibre. Le constat de l'Institut nous rappelle que tout comme les hommes qui bénéficient d'un régime de pension, les femmes peuvent maintenant envisager leur vie active et leur retraite avec confiance.

Évidemment, la situation est moins rose chez les gens qui n'ont pas de régime de retraite, homme ou femme. Chez cette clientèle, l'Institut de la statistique constate, sans surprise, que les pensions liées au travail sont beaucoup moins importantes comme source de revenu à la retraite. Elle fait également une mise en garde :  la solvabilité des régimes de retraite est de plus en plus mise en doute à cause du vieillissement de la population. Il faudrait donc, concluent les auteurs, dresser un portrait complet de ces régimes au Québec, afin d'évaluer correctement la situation.

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