Où est François Legault?

François Legault... (Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne)

Agrandir

François Legault

Jacques Boissinot, Archives La Presse Canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Contrairement à Philippe Couillard, Pierre Karl Péladeau et Françoise David, on n'a pas vu François Legault depuis la fin de la session parlementaire.

Ni aux célébrations de la Fête nationale à Montréal et Québec ni dans l'actualité politique. Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) a participé à un événement avec des militants la semaine dernière, et il a célébré la Saint-Jean dans sa circonscription.

La CAQ a-t-elle encore un avenir? La question est dans l'air depuis la défaite cinglante encaissée à l'élection complémentaire dans Chauveau. Cette défaite a eu valeur de symbole, au point de mener le chef du parti à s'interroger sur son avenir politique.

Il y a pourtant une base politique pour la droite modérée au Québec. Aux quatre dernières élections générales (2007, 2008, 2012 et 2014), la moyenne des appuis accordés à l'ADQ et à la CAQ a été de 24,3%. Pendant la même période de sept ans, les libéraux ont fait élire un total de 234 députés; le Parti québécois, 171; et la CAQ, 89.

Le questionnement sur l'avenir de la Coalition avenir Québec s'appuie sur la polarisation potentielle de l'électorat entre souverainistes et fédéralistes.

Ça peut changer...

Dans un premier temps, l'avenir du parti dépendra de François Legault lui-même. Saura-t-il rebondir? Le chef de la CAQ quitte le Québec demain pour deux semaines de vacances en Europe, mais il consacrera d'abord cinq jours à une mission en Allemagne afin d'y étudier de nouveaux modèles économiques.

Ce serait une erreur de lier son avenir politique aux deux dernières élections complémentaires. La CAQ a une vingtaine de députés à l'Assemblée nationale. Elle reçoit annuellement plus de deux millions de dollars du Directeur général des élections, en sus des allocations versées par le DGE en proportion des dons des sympathisants. Bref, François Legault n'est pas démuni. De plus, l'histoire nous a souvent démontré à quel point la bonne fortune d'un chef politique ou d'un parti peut tourner au cauchemar du jour au lendemain, ou l'inverse... En 2011, ébranlée par une série de controverses, de démissions et d'intrigues, Pauline Marois a failli faire l'objet d'un putsch au profit de Gilles Duceppe. Moins d'un an plus tard, elle était élue première ministre du Québec.

De grosses pertes

François Legault n'est pas menacé à l'interne. Mais tout comme Pauline Marois, qui avait souffert du départ des Pierre Curzi, Louise Beaudoin et compagnie en 2011, Legault a perdu de grands noms: Christian Dubé, Gaétan Barrette, Jacques Duchesneau, Dominique Anglade, Maud Cohen et Gérard Deltell!

C'est dur de perdre des gens en politique, mais ça l'est encore davantage de se faire voler ses idées. Or c'est ce que font systématiquement les libéraux.

Y a-t-il encore de la place pour la CAQ dans ce contexte?

Au fond, tout dépendra de ce qui se passe au PLQ et au PQ. Un scandale, une controverse qui tourne mal chez leurs adversaires, et les troupes de François Legault pourrait connaître une embellie dans les sondages. Les sympathies de PKP à Philippe Couillard pour le décès d'Arthur Porter, jeudi, montrent à quel point le chef du PQ peut commettre des bévues lorsqu'il est laissé à lui-même.

Si Couillard et Péladeau gardent le cap et évitent les erreurs, le Québec se dirige tout droit vers une polarisation des votes en 2018. Le défi de François Legault est de revenir avec un nouveau programme et une équipe renouvelée, au cas où ses adversaires libéraux ou péquistes se barrent les pieds dans des difficultés imprévues. À plus de trois ans des prochaines élections, ce n'est pas impossible.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer