Les «valeurs» de Stephen Harper

Stephen Harper était à Québec jeudi matin... (Patrice Laroche, Le Soleil)

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Stephen Harper était à Québec jeudi matin

Patrice Laroche, Le Soleil

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C'est vrai qu'il y a des gens pour qui les politiques conservatrices sont bonnes. Mais cela ne donne pas raison à Stephen Harper quand il conseille aux électeurs de ne «jamais laisser personne leur dire que les valeurs conservatrices ne sont pas des valeurs québécoises».

Le problème avec M. Harper est qu'il y a trop souvent une différence notable entre les véritables valeurs conservatrices et celles de son gouvernement. Pendant qu'il fait les yeux doux à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste, il impose à Ottawa des décisions qui ne vont pas du tout dans le sens des priorités du Québec ou des valeurs des Canadiens-français.

On l'a constaté dans le passé avec son attachement démesuré à la monarchie, on l'a vu dans son comportement sur le registre des armes à feu, et encore une fois cette semaine avec son projet de Monument aux victimes du communisme. Faut-il vraiment ce monument? Pourquoi pas les victimes des nazis, du fascisme de Franco et Mussolini, du terrorisme international, ou des génocides comme ceux du Rwanda, du Kosovo? Pourquoi par un monument pour le génocide qui a fait 1,5 million de morts chez les Arméniens en Turquie? Et pourquoi placer un monument à connotation aussi politique à deux pas du plus haut tribunal du pays, dont l'indépendance est un gage de neutralité du système judiciaire?

Les victimes

Les victimes des guerres et des génocides sont généralement la cible de dictatures sanguinaires bien plus que des programmes politiques des gouvernements. Le communisme de Castro à Cuba a fait des victimes, mais le sort réservé à la population cubaine n'a rien de comparable à celui des juifs en Ukraine et en Biélorussie en 1918-1921 ou à l'occasion des génocides des années 1939 à 1945. En d'autres mots, pas besoin d'être communiste pour faire des victimes dans les populations civiles.

M. Harper a parfaitement le droit de vouloir célébrer des pages d'histoire, mais encore faudrait-il qu'il le fasse dans le respect des institutions. Or, tout comme dans le cas de la Cour suprême, qu'il a voulu contrôler en tentant d'y nommer des sympathisants, il remplace trois membres du conseil d'administration de la Commission de la capitale nationale la veille d'un vote important sur son projet de monument. Voilà le genre de comportement qui l'éloigne des valeurs québécoises.

Si ce dernier épisode n'était qu'un incident isolé, on pourrait l'oublier. Mais chez lui, c'est la répétition qui aggrave son cas. Ce premier ministre a trop souvent montré son manque flagrant de respect pour les institutions - et même pour la presse libre - pour convaincre les Québécois de partager ses valeurs.

Terrorisme

On l'a constaté une fois de plus hier en France, en Tunisie et au Koweït, le terrorisme international n'a pas de frontière. C'est un terrorisme plus difficile à combattre parce qu'il est parfois le fait d'individus isolés, ou encore de petites cellules qui n'ont pas de liens avec les organisations connues comme l'État islamique. Donc un terrorisme qui commande une surveillance de plus en plus sophistiquée de la part des services policiers.

Pour les gouvernements, ces actes de terrorisme viennent accréditer des politiques de sécurité et de renseignements plus sévères, qui peuvent contrevenir à nos droits et liberté. On peut se sentir à l'abri de cette ingérence accrue de l'État dans nos vies, mais comment savoir?

Si les Américains ont espionné les présidents français au cours des dernières années, imaginez ce que les services du renseignement des pays puissants ont pu faire chez nous et ailleurs. Et ce qu'ils feront à l'avenir...

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