Nos petits problèmes internes

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Entre nos petits problèmes d'immigration et l'arrivée en masse de réfugiés dans des pays moins bien nantis comme le Liban, il y a un fossé.

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Philippe Couillard a semé l'inquiétude en évoquant la possibilité de hausser les seuils d'immigration. C'est vrai qu'un tel geste serait risqué quand le Québec n'a même pas les moyens de financer adéquatement la francisation des immigrants et leur intégration sur le marché du travail.

Mais tout est relatif. En lisant sur le sujet, je suis tombé sur le dernier rapport d'Amnistie international concernant l'abandon des réfugiés syriens par la communauté internationale. Le Québec accueille environ 50 000 immigrants par année. Le Liban, la Jordanie et la Turquie ont reçu plus de 4 millions de réfugiés syriens depuis le début de la guerre dans leur pays. Quatre millions ! Et aujourd'hui, la communauté internationale leur reproche d'avoir resserré les contrôles pour limiter l'afflux de réfugiés.

C'est facile de faire la morale aux autres de ce côté de l'Atlantique. Mais admettez qu'entre nos petits problèmes d'immigration et l'arrivée de 4 millions de réfugiés dans trois pays moins bien nantis, il y a un fossé. Et je n'ai même pas parlé de l'Italie qui accueille les migrants de la mer par dizaines de milliers

LE TCHADOR

Chez nous, les questions liées à l'immigration nous ont renvoyés au tchador au cours des derniers jours. Le tchador vous en avez vu un récemment dans le voisinage ? Pas moi, mais ça angoisse notre gratin politique. Imaginez si on n'avait que ce problème en Turquie ou au Liban

Ici, c'est le genre de débat qui nous anime. Et le gouvernement Couillard, qui a de l'audace à revendre dans sa lutte au déficit, montre une timidité déconcertante sur ces questions identitaires. Sans s'enfarger dans un débat existentiel sur le tchador, il me semble qu'on aurait pu aller de l'avant avec les recommandations de la commission Bouchard-Taylor interdisant le port de signes religieux aux personnes en autorité.

La Cour suprême aurait peut-être désavoué une telle décision, mais le droit évolue. À preuve, en février dernier la Cour a statué que l'aide médicale à mourir devait être légalisée au Canada. Elle a donné un an au gouvernement fédéral pour modifier le Code criminel. C'était un virage radical par rapport à la décision rendue par le même tribunal dans l'affaire Rodriguez, en 1993. À cette occasion, la Cour avait maintenu en place l'article du Code criminel interdisant l'aide à mourir. Cette année, les juges ont expliqué que le contexte légal et social avait changé.

LES CHOSES ÉVOLUENT

Il me semble aussi que le contexte a changé depuis que la GRC a donné aux policiers sikhs le droit de porter le turban, en 1990, et que la Cour suprême a refusé d'entendre cette cause. Bien des choses ont changé, dont le visage de l'immigration, et les besoins des peuples de protéger leur identité et d'assurer leur sécurité.

Mais le gouvernement du Québec n'a pas voulu courir le risque Qui fera évoluer le droit si les gouvernements basent leurs politiques sur de la jurisprudence établie il y a un quart de siècle ?

Heureusement, et c'est bien égoïste de ma part, les libéraux ont attendu à la toute fin de la session pour déposer leurs projets de loi sur ces questions. On a beaucoup donné au Québec dans les grands débats de société au cours des dernières années : printemps érable en 2012, charte des valeurs québécoises en 2013. Et maintenant il faudrait recommencer avec le tchador ? De grâce, pas tout de suite ! On va laisser passer l'été et on verra à l'automne. Les réfugiés syriens et les migrants, ça presse !

Mais le tchador au Québec, y'a pas le feu

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